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Wittgenstein

Philosophe autrichien

Issu d’une famille d’industriels viennois, Ludwig Wittgenstein reçoit une formation d’ingénieur avant de s’inscrire, en 1912, au cours du philosophe Bertrand Russell (1872-1970) à Cambridge. En 1929, l’université lui délivre le grade de docteur et il y enseigne par intermittence jusqu’en 1947.

Wittgenstein a apporté d’importantes contributions en logique, dans la théorie des fondements des mathématiques et en philosophie du langage. Son parcours philosophique est caractérisé par deux approches : celle du Tractatus logico-philosophicus (1921), qui débouche sur une critique radicale de la philosophie, à laquelle est assigné un rôle de régulateur et non pas de producteur de propositions et celle des Investigations philosophiques (1953), ouvrage paru à titre posthume dans lequel Wittgenstein s’écarte des principes qu’il a lui-même énoncés dans sa première œuvre en resituant la philosophie dans un nouveau cadre linguistique : le langage courant.

S’il s’agit des deux seules œuvres achevées du philosophe, de nombreuses études, ébauches ou notes de cours ont été publiées à titre posthume. On peut ainsi citer Les Carnets bleus, Les Carnets bruns ou encore Les Cours de Cambridge.

Le Tractatus logico-philosophicus

La recherche des conditions et des limites du sens

Dans le Tractatus logico-philosophicus, Wittgenstein s’attache à délimiter ce qui peut être dit de façon sensée et à définir les critères permettant à un langage de donner une image du monde. Autrement dit, il propose les conditions d’un langage logiquement parfait sans chercher à le construire, ni même préjuger du fait qu’il puisse effectivement être construit. Le Tractatus ne s’attache nullement aux fonctions pragmatiques du langage (ce que Wittgenstein appellera plus tard les « jeux de langue »), mais au formalisme qui permet de mettre en relation le monde et sa représentation. Ce faisant, il délimite de façon drastique le champ de ce que peut « dire » la philosophie et lui assigne de nouvelles tâches, tout en laissant entrevoir que le versant mystique du monde est précisément ce dont la philosophie ne peut pas parler.