
Philosophe allemand fondateur de la philosophie critique et transcendantale
Né en 1724 dans une famille modeste et piétiste, Emmanuel Kant étudie les mathématiques, la physique et la philosophie à Königsberg jusqu’en 1746, et est durablement marqué par les récentes découvertes de Newton. Par la suite, Kant devient précepteur dans de grandes familles prussiennes, puis retourne à l’université de Königsberg où il est nommé professeur ordinaire à la chaire de logique et de métaphysique en 1770, poste qu’il occupera jusqu’en 1794. Kant acquiert alors une grande réputation en Europe.
Ses compétences sont très diversifiées, mais surtout, il fonde une doctrine philosophique majeure appelée le « criticisme » et publie trois ouvrages essentiels : Critique de la raison pure (1781), dans lequel il se consacre à l’examen de l’entendement, tentant de répondre à la question « Que puis-je savoir ? » ; Critique de la raison pratique (1788), dans laquelle il s’attache à comprendre les fondements de la morale, se demandant « Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? » ; et Critique de la faculté de juger (1790), où il se penche sur l’esthétique et la téléologie. Il meurt en 1804 dans sa ville natale.
Le troisième volet du criticisme kantien
Troisième et dernier volet du criticisme kantien, la Critique de la faculté de juger apparait comme une œuvre fondamentale de l’esthétique moderne.
L’enjeu de cet ouvrage est d’abord de compléter le système philosophique kantien en unifiant les deux premières critiques. Le but pour Kant est de combler la distance qui sépare l’usage théorique de la raison, qui est au fondement de la connaissance de la nature, et l’usage pratique de la raison, qui commande quant à lui toute action morale. Plus spécifiquement, la Critique de la faculté de juger interroge des concepts qui préoccupent Kant depuis longtemps : le beau et le sublime (analyse du jugement esthétique), et la téléologie (analyse de la finalité dans la nature). Dans l’« Analytique du beau », qui constitue le premier moment de l’ouvrage, Kant se pose les questions suivantes : le jugement de gout dépend-il uniquement du sentiment de plaisir et de peine ou de l’intérêt ? Le beau est-il objectif ou seulement subjectif ? Peut-on affirmer l’universalité du gout ? Tels sont les enjeux fondamentaux de l’esthétique kantienne.