
Philosophe et écrivain genevois de langue française
Jean-Jacques Rousseau se destine tout d’abord à une carrière de musicien. C’est dans cette optique qu’en 1742, il part pour Paris, où il rencontre Denis Diderot (1713-1784) qui travaille à cette époque, avec Jean le Rond d’Alembert (1717-1783), à la publication de l’Encyclopédie (1751-1772). Rousseau y apportera sa contribution avec quelques articles sur la musique.
Sa philosophie se rapproche de celle des Lumières sur certains points, tels que le rejet des régimes autocratiques – notamment la monarchie de droit divin qui existe encore en France à cette époque. Mais il s’oppose aussi à de grands noms du mouvement tels que Voltaire (1694-1778) sur la définition de l’homme à l’état de nature, et à certains de ses précurseurs, dont Thomas Hobbes (1588-1679), concernant l’origine du pouvoir souverain.
Rousseau a beaucoup réfléchi à l’État idéal. Selon lui, celui-ci ne peut s’accomplir que dans un pays démocratique aux frontières définies dans lequel le peuple vit dans une relative égalité, tant de droit que de fortune.
La souveraineté populaire
Écrit en 1762, Du contrat social explicite la manière dont des hommes libres pourraient s’associer sans pour autant perdre leur liberté individuelle. La question que traite Rousseau dans cette œuvre est de savoir comment devenir membre d’une communauté sans être asservi par celle-ci ou, plus précisément, par le souverain de cette communauté. Autrement dit, aborder Du contrat social implique de se poser deux questions : comment les intérêts privés de chaque membre d’une communauté peuvent être conciliés en un intérêt commun ? Et comment l’intérêt privé d’un souverain peut-il coïncider avec l’intérêt de tout son peuple ?