
Éric-Emmanuel Schmitt
Nous sommes à Vienne dans le cabinet de Freud après l’annexion de l’Autriche par Hitler. Anna Freud est seule avec son père dans la pièce. Elle lui parle des exactions commises par les nazis viennois contre les juifs, alors que Freud lui dit qu’il n’existe pas de nazis viennois. Anna lui répond en lui disant tout ce qu’elle a vu dans les rues y compris les corps des juifs qui se sont jetés par la fenêtre en entendant des nazis monter leurs escaliers. Elle pousse son père à signer un papier rédigé par les nazis, moyennant quoi, grâce à ses appuis étrangers, ils le laisseraient quitter l’Autriche pour Londres ainsi que toute sa famille.
Freud est fatigué et malade, il a un cancer, mais il estime que la solidarité l’oblige à ne pas quitter Vienne. On frappe à la porte et un nazi de la Gestapo entre dans l’appartement. Il regarde les livres et en fait volontairement tomber quelques-uns. Pendant toute la scène d’intimidation Anna se fâche et l’injurie alors que Freud soutient le dialogue avec humour. Il se moque du nazi désarmé car incapable de lui répondre sur le même ton. Pour finir il lui proposera de l’argent pour qu’il parte, ce que l’autre accepte avec plaisir. Mais comme Anna lui fait comprendre qu’il n’est qu’un impuissant complexé, il finit par l’emmener à la Gestapo.Freud, affolé, appelle l’ambassade américaine où il lui y est également conseillé de signer le fameux papier. Que dit celui-ci ? Tout simplement que Freud reconnaît avoir été parfaitement traité en Autriche par les nazis et plus particulièrement par la Gestapo et qu’il a reçu toute l’aide désirée pour pouvoir continuer ses travaux. Inquiet pour Anna il signe le papier.
Et soudain le voilà qui se trouve face à un homme particulièrement élégant. Il n’a pas sonné, Freud n’a donc pas ouvert et il est là. Il demande une consultation prétendant être malade et avoir besoin de son aide. Freud n’est pas en état de faire cela et il est tard. Mais rien n’y fait, il n’arrivera pas à la faire sortir. Au cours de la discussion l’homme lui donne de nombreuses indications sur ce que sera le futur proche de Freud. Il quittera l’Autriche, passera par Paris, puis résidera à Londres où il terminera son dernier livre. Il en donne même le titre que Freud lui-même ne connaît pas encore…