
Erskine Caldwell
Erskine Caldwell est né en 1903 en Géorgie et était fils de pasteur. Il a passé sa jeunesse à sillonner le Sud des États-Unis et y découvrit le monde des « petits blancs » qu’il décrira tout au long de son œuvre. Celle-ci comprend vingt-cinq romans et plus d’une centaine de nouvelles. Il a commencé par exercer un peu tous les métiers, dont ceux de footballeur professionnel, de cuisinier, de contrebandier d’armes, d’ouvrier agricole, etc.
Son œuvre sera très souvent censurée aux États-Unis, surtout dans le Sud, et il sera parfois comparé à Steinbeck ou Faulkner. La comparaison ne se défend pourtant pas, car il n’entend pas être un auteur naturaliste ou social. Il se contente de décrire ce qu’il voit et ce qui est. Ce sont ses nouvelles qui sont considérées comme ses œuvres les plus achevées. À ce niveau un parallèle peut être fait avec « Boule de suif » de Maupassant. Caldwell décrit et ne juge pas.
La plupart du temps ses personnages sont dépourvus de morale, ils sont pauvres et livrés à leurs instincts les plus basiques. Ses deux romans les plus connus sont « La route au tabac » et « Le petit arpent du Bon Dieu »
Il lui a souvent été reproché de s’être beaucoup répété, surtout à la fin de son œuvre, mais il n’en demeure pas moins que certains de ses livres restent incontournables dans la littérature américaine.
Caldwell a vendu plus de quatre-vingts millions de livres de par le monde et « Le petit arpent du Bon Dieu » à lui tout seul a été vendu à plus de quatorze millions d’exemplaires.
À la fin des années 1960, il est pressenti pour le Prix Nobel et en 1984 il siège à l’American Academy of Arts and Letters avec Norman Mailer.
Il meurt en avril 1987.
« Une lampe le soir » est tout à fait dans la ligne de son œuvre globale, même si l’histoire ne se passe pas dans le Sud.
Nous trouvons Thede Emerson garé le long de la rue du petit village de Clearwater dans l’État du Maine, tout au Nord des États-Unis. Il regarde le postier assis devant la poste. Celui-ci s’appelle Hormidas Doucette et fait partie de la colonie de Canadiens français installé dans ce qu’il appelle « son territoire »