
Paul Auster
Nathan Glass a juste soixante ans et on lui détecte un cancer aux poumons, alors qu’il n’a jamais fumé. Sa vie va basculer. Il va divorcer d’avec sa femme, assez odieuse par ailleurs, arrêter son boulot et vendre la maison commune. Toute sa vie il a été employé d’assurance et était spécialisé dans la vente d’assurances vie.
Son idée est d’aller s’installer à Brooklyn, le quartier de ses origines. Il y trouve un appartement et s’installe. Suite à une dispute avec sa fille, il va quand même prendre certaines décisions. Il se dit qu’il lui faudrait absolument se trouver une occupation. Une idée lui vient : il va écrire toutes les bourdes, lapsus et faiblesses qu’il a commis dans sa vie. Et s’il arrive au bout, il consignera celles des autres dont il a connaissance. Il appellera cela Le livre de la folie humaine. Après tout, ce n’est qu’un simple passe-temps. Il a six mois, un an ou vingt ans devant lui ? En effet, son médecin, sans trop vouloir lui donner d’espoir, entrouvre la possibilité d’une issue favorable à son cancer. Nathan commence à se dire que cette maladie pourrait bien être un mal pour un bien. Il a une belle somme d’argent devant lui, est tout à fait libre et redécouvre les plaisirs de vivre dans un quartier comme Brooklyn. Les gens se parlent facilement, il fréquente tous les jours un petit restaurant avec une serveuse des plus sympathiques et à son goût et voilà qu’il tombe sur son neveu Tom. Tom est le fils de sa sœur June, morte il y a quelques années. Il s’est toujours très bien entendu avec lui, mais l’a perdu de vue depuis l’enterrement de June. Et voilà qu’il le retrouve comme vendeur dans une librairie de livres spéciaux ou d’occasions à deux pas de chez lui. Tom a aussi une sœur, Aurora (ou Rory) qui, toute jeune, était déjà bourrée de charme et de talents et avait une solide personnalité.
Avec beaucoup de regret, Nathan apprend que son neveu a arrêté sa thèse de doctorat en lettres, ainsi que ses ambitions de devenir professeur. Après avoir fait le chauffeur de taxi pendant tout en temps, il est devenu vendeur chez Harry Brightman, anciennement Harry Dunkel. Ces deux noms sont symboliques vu que « Dunkel » suggère le sombre et que « Brightman