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M. Beaufils avait obtenu un succès de vogue qu’une centaine de représentations n’avait pas épuisé. Le Mariage de M. Beaufils, que l’on va lire, fut loin d’être aussi heureux. Je suis fiché de n’être pas ici de l’avis du grand maître, le public ; mais il me semble que dans le jugement qu’il a porté sur ces deux ouvrages, il n’a pas distribué sa justice avec toute l’impartialité qui le caractérise : la pièce à laquelle il a fait l’accueil le plus flatteur est la moins bonne à tous égards.

L’intrigue du Mariage de M. Beaufils est beaucoup moins faible que celle de la première pièce que j’ai donnée sous ce nom : le caractère de Cécilia-Régina-Desroches, caractère commun à l’époque où cette comédie fut écrite, n’était point, comme celui de Beaufils, la folle caricature d’un personnage imaginaire : et le ridicule de cette sensiblerie que je traduisais sur la scène, avait ses modèles connus dans la société.

Le Mariage de M. Beaufils était la suite de la Conversation faite d’avance. En général, les suites ne réussissent pas sur notre théâtre ; soit que le premier ouvrage ait enlevé la fleur du sujet, soit que la curiosité publique ait besoin d’être excitée par des caractères et par des personnages nouveaux. Je ne connais dans les annales du théâtre que le Mariage de Figaro, suite du Barbier de Séville, qui ait été mieux accueilli que l’ouvrage premier du nom. Il est vrai d’ajouter que le Mariage de Figaro est le chef-d’œuvre de l’Aristophane français.

Personnages

M. BEAUFILS.

MADAME CÉCILIA-RÉGINA-DESROCHES.

FOLVILLE, neveu de madame de Versec.

MADAME DE VERSEC.

FIRMIN, valet de Folville.

DORIMOND, directeur de théâtre.

Un notaire, personnage muet.

La scène se passe chez madame de Versec.