Je dédie ce livre à toutes les mères, et à la mienne en particulier.

Diane

L’auteur : Diane Ballonad Rolland est mère de trois enfants et mompreneur à Montpellier. Toutes les préoccupations, toutes les contraintes des mères actives, elle les connaît bien ! Dans le cadre de son métier de home organiser, elle a mis à profi t ses expériences professionnelles et personnelles pour aider les mamans au quotidien. Ses blogs : http://www.zen-et-organisee.com/ et http://www.zen-et-organisee-dansmaviepro.com/

L’illustratrice : Après une formation dans le milieu de la bande dessinée, Nallee se lance en tant qu’illustratrice pour grands et moins grands, diffusant ses images de princesses et autres girlytudes à travers la toile. Son blog : http://drawingum.tumblr.com

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Introduction

Passez du stress à une relative sérénité

« Quoi ? Non seulement je suis crevée, c’est moi qui assume presque tout, je n’en peux déjà plus et en plus, il faudrait que je sois zen et organisée ? »

Je vous entends déjà, et vous n’avez pas tort ! En plus d’être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne cuisinière et une professionnelle qui assure (je fais court), il faudrait en plus que vous soyez organisée ! Et zen, par-dessus le marché !

Pourtant, loin de moi l’idée de faire monter un peu plus la pression qui pèse déjà fortement sur vos épaules, détendez-vous. Ici, aucun « Il faut que… », « Vous devriez… » : uniquement des pistes, des propositions et des suggestions. Ma seule ambition est, grâce à ce livre, de vous amener à reprendre la main sur votre emploi du temps, sur votre organisation, sur tout ce qui vous fait du bien et, de fil en aiguille, pourquoi pas, sur votre vie. En tous les cas, que vous en ayez au moins très envie en refermant ce livre.

Si je peux, très modestement, à mon échelle, semer en vous cette toute petite graine-là, je pourrai dire, fièrement, comme Usain Bolt en ce glorieux dimanche 5 août 2012 alors qu’il vient de nouveau de remporter le 100 mètres aux jeux Olympiques de Londres : « I did the job ! » J’ai fait le boulot.

Zen…

Dois-je réellement développer ? Ces trois petites lettres sont, pour la majeure partie d’entre nous, suffisamment évocatrices pour que je n’en fasse pas tout un paragraphe. Qui ne rêve pas d’être zen ? Franchement, que celle qui préfère être complètement hystérique, à fleur de peau, au bord de la crise de nerfs, hurlant du matin au soir, contrôlant tout son petit monde du bout de son index accusateur ou menaçant telle une furie, lève le doigt. Personne ?

Évidemment. Parce qu’il est tout de même plus agréable, pour soi j’entends bien – et un peu pour les autres aussi -, de se sentir calme, sereine, détendue, avec le sentiment de maîtriser, au moins un peu, son quotidien.

J’ai envie de vous montrer qu’il est possible, petit à petit, pas à pas, avec de petits changements mais avec aussi d’incontournables prises de conscience, d’alléger son quotidien et de retrouver un peu de sérénité.

… et organisée !

Alors, bien sûr, on peut être une maman zen et pas organisée, ou encore une maman organisée mais pas zen du tout, mais il est vrai que les deux vont rarement l’un sans l’autre.

Difficile d’être à 100 % zen quand on n’est pas un tantinet organisée et c’est pour cette raison qu’une partie de ce livre est consacrée à l’organisation personnelle : comment mettre en place une organisation qui vous facilite la vie (et notez bien que je n’ai pas dit « qui vous complique la vie ») ? Comment organiser au mieux votre temps ? Quid de la répartition des tâches à la maison ?

Ce guide ne fera pas de vous une as de l’organisation : il vous amènera, je le souhaite, à réfléchir à une organisation qui vous convienne et qui vous permette, par exemple, de ne pas passer 15 heures par semaine à faire le ménage. Tiens, là, tout de suite, je sens que ça vous parle.

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Et les hommes alors ?

En effet, pourquoi ce livre ne s’adresse-t-il pas, finalement, aux hommes ? Nos hommes n’ont-ils pas le droit (si ce n’est le devoir) d’être zen et organisés, eux aussi ? Évidemment que oui – et je les invite à lire et à relire ce livre si le cœur leur en dit. Néanmoins, j’ai fait le choix, dans ce livre comme dans le cadre de mon activité professionnelle, de m’adresser aux femmes car, quoi qu’on en dise, ce sont encore elles qui assument une grande part des contraintes de la vie quotidienne et qui, par voie de conséquence, se retrouvent plus fréquemment débordées, fatiguées et stressées.

Ce sont elles également qui ont, à mon sens, le plus besoin de soutien, de compréhension et d’écoute. Enfin, ce sont elles qui me touchent, dans leurs forces, souvent immenses, mais aussi dans leurs fragilités. C’est un parti pris éditorial, mais je l’assume.

Pas de recette miracle

Attention, vous ne trouverez pas dans ce livre de recette miracle ni de réponses toutes faites. Dans ce domaine, elles n’existent pas ; tout simplement parce qu’il n’existe pas deux vies comme la vôtre ou comme la mienne, parce que vos besoins, vos contraintes ou vos obligations sont différentes des miennes, parce que nous avons toutes, et tous, une personnalité, un vécu et un contexte de vie différents, et c’est tant mieux !

Vous serez donc forcément déçue si vous vous attendez à des solutions clé en main. Ici donc, pas de prêt-à-penser ni de programme à suivre à la lettre mais plutôt des suggestions, des interrogations, des témoignages, des ressources, des exemples de ce qui fonctionne ailleurs (ou pas) et de ce qui peut être reproductible (ou pas).

Mini-coaching : à vos stylos !

À vous, au fil de la lecture de ce livre, de vous faire votre propre opinion, de tester telle astuce ou telle autre, de réfléchir à ce que vous pourriez mettre en place. Chaque point évoqué démarre et se termine par de petits exercices de coaching : quelques questions pour faire le point sur votre situation actuelle et une réflexion à engager pour commencer à dégager quelques pistes dans votre quotidien.

Je vous suggère, si cela vous dit, de vous offrir un joli cahier, un stylo qui écrit bien et de prendre un peu de temps chaque jour pour faire ces exercices. Laissez décanter les questions et mûrir vos réponses si vous en ressentez le besoin. Elles viendront à vous, tranquillement. Commencez à vous faire confiance. Vous êtes celle qui vous connaît le mieux et qui connaît le mieux vos besoins. Là, maintenant.

J’espère rallumer en vous la flamme qui vous donnera envie de vous faire plaisir, de prendre du bon temps, de vous lancer dans de nouveaux projets et de vous dire : « C’est ma vie ! Et je compte bien en profiter ! » Bref, comme le dit si bien Françoise Héritier dans son dernier livre, que vous sachiez profiter du Sel de la vie…

En attendant, je suis ravie de vous accompagner dans ce parcours qui, je l’espère, vous mènera en direction d’une vie dans laquelle vos besoins sont respectés et vos envies réaffirmées. Une vie qui vous ressemble, et surtout une vie dans laquelle vous vous sentez bien. Parce que rien n’est plus important.

Bonne lecture !

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Mères au bord de la crise de nerf

Ma vie d’ex-maman débordée

« Maman est trop pressée ! »

Connaissez-vous cette petite histoire joliment intitulée Maman est trop pressée, dans laquelle la maman du petit Ivan court tout le temps, chaussée de ses baskets supersoniques pour aller encore plus vite, au point de s’emmêler les pinceaux (en embrassant le directeur d’école au lieu de son fils le matin) et d’oublier les choses essentielles comme embrasser ou câliner Ivan, en lui disant à longueur de journée « Pêche-toi, Pêche-toi ! » (plus rapide à dire que « Dépêche-toi ! »), jusqu’à ce qu’Ivan « tombe malade de lenteur » ?

Cette fable moderne qui, je vous rassure, finit bien, est tirée du précieux livre Cent histoires du soir (éditions Marabout, 2005) de Sophie Carcain. Je la lisais très souvent à mes deux premiers enfants, à leur demande, au moment du coucher. Ils avaient respectivement 7 et 4 ans. Et je dois avouer, sans trop pouvoir l’expliquer, que c’était l’une de leurs histoires préférées (?), mais que sa lecture finissait toujours par me culpabiliser un peu…

Cette maman-là, c’était un peu moi, courant sans cesse, archi speed, fonçant tête baissée d’une tâche à l’autre. J’aurais rêvé, à cette époque, de porter ces baskets supersoniques. Aller vite, dans les moindres gestes de mon quotidien – dans l’exécution même de mon travail, dans mes déplacements – a été synonyme pour moi, dans la première partie de ma vie professionnelle, de réactivité, d’efficacité, de performance, voire « d’intelligence », allant parfois jusqu’à toiser les « autres » ! Les autres, c’étaient tous ceux qui avaient un autre rythme que le mien, ceux qui « comprennent vite mais à qui il faut expliquer longtemps », ceux qui sont toujours très lents à la caisse du supermarché, ceux qui avancent d’un pas tranquille dans la rue ou qui hésitent sur la voie à prendre dans les allées du métro parisien, bref tous ceux qui étaient susceptibles de freiner ma course folle…

Dix ans de vie parisienne, dans le monde de la communication de surcroît, ont fini par me transformer en une vraie caricature, parlant vite, au téléphone notamment, parfois tellement vite que mon interlocuteur ne me comprenait même pas et me demandait de répéter (gênant pour l’attachée de presse que j’étais) ! Je me défendais toujours (tout en essayant vainement de ralentir mon charabia) en expliquant que je devais mon débit accéléré à mes origines espagnoles… Foutaise ! L’une de mes clientes, alors que j’étais déjà maman de ma première fille, m’avait même surnommée « La Machine ». J’en étais fière. Une belle revanche.

Car il faut dire que, petite, j’étais plutôt tranquille, et décrite par mes proches comme une petite fille « assez lente ». Brillante à l’école mais « lente dans la vie ». Mon jeune oncle et mon grand frère ne rataient pas une occasion de me taquiner en me qualifiant même de teugnarde, ce qui, en bon patois creusotin (du Creusot en Saône-et-Loire), voulait dire « lente » mais de manière très péjorative ! Je ne connais d’ailleurs pas d’équivalent en « bon » français. J’ai vite considéré ce quolibet comme une insulte et j’ai tout fait, dès lors, pour compenser ce que je prenais pour un vilain défaut. J’ai ainsi déployé beaucoup d’énergie dans les années qui ont suivi pour montrer aux autres que j’étais tout sauf teugnarde : vive, rapide, percutante dans tous les domaines de ma vie mais en particulier dans ma vie professionnelle. Quelle ironie de la vie de vouloir aujourd’hui (re) conquérir, non sans mal, cette part de lenteur que j’ai tout fait pour masquer et étouffer… C’est un combat quotidien contre des années de rapidité et de réflexes comportementaux difficiles à oublier mais c’est aussi une très belle reconquête de qui je suis vraiment et, finalement, d’une vraie liberté.

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Posez vos « baskets supersoniques »

Entre vous et moi, les yeux dans les yeux, quelle mère n’a pas, un jour, été débordée ? Probablement aucune (en tous les cas, aucune maman qui a croisé ma route à ce jour), et certainement pas moi car, bien que j’ai choisi aujourd’hui d’accompagner les mères débordées et de les aider à mieux s’organiser et à se réapproprier leur emploi du temps, je n’en reste pas moins une mère et une femme comme les autres, et je connais aussi des périodes plus ou moins intenses de débordement, de pression, de surmenage – comme nous toutes. Ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? La seule différence, peut-être, avec l’ex-maman débordée que j’étais, c’est qu’aujourd’hui :

L’aventure Zen & Organisée

Il est temps de faire les présentations : je m’appelle Diane, j’ai 39 ans, je suis maman de trois merveilleux (mais ô combien envahissants) enfants (14, 11 et 3 ans), et je suis aujourd’hui consultante et formatrice en organisation personnelle.

Depuis début 2011, j’ai fait le choix d’accompagner les mamans débordées, fatiguées, stressées par les contraintes de la vie quotidienne et de les aider à se réapproprier leur temps : comment faire pour tout concilier, et surtout, pour prendre du temps pour soi, concrètement et sans culpabiliser ?

Zen et Organisée est tout simplement née de mon expérience personnelle de maman débordée, qui travaille et qui doit gérer au quotidien, depuis l’arrivée de ma petite dernière en 2009, une tribu de trois enfants (plus un mari !).

Pas facile en effet de concilier un travail prenant, trois enfants avec des âges, des besoins, des personnalités, des niveaux scolaires et des emplois du temps différents, un mari dont les horaires de travail changent toutes les semaines, la gestion des papiers administratifs, l’entretien d’une maison (tri, rangement, repassage, ménage, bricolage, etc.), les repas, les courses, etc.

Après avoir travaillé pendant près de dix ans au sein d’agences de conseil en communication d’entreprise (relations presse, relations publiques, événementiel, communication interne) sur Paris, j’ai choisi un autre rythme de vie et je suis partie m’installer, avec ma petite famille sous le bras, sous le soleil de Montpellier, ville que j’ai adoptée (ou plutôt qui m’a adoptée) et dans laquelle j’ai trouvé un véritable équilibre de vie.

Attachée depuis toujours à l’organisation personnelle et à la gestion du temps, tant dans ma vie professionnelle que dans ma vie personnelle et familiale, je réfléchis, teste, mets en pratique, ajuste, réajuste mon quotidien afin de concilier au mieux mon travail, ma vie de famille et ma vie de femme.

À partir de mon expérience personnelle (et épuisante) de maman de famille nombreuse, je suis partie d’un constat évident : les mamans, en particulier quand elles travaillent, mais aussi quand elles sont femmes au foyer (j’y reviendrai), ont tendance à s’oublier, à ne plus s’écouter, à endurer au long cours fatigue chronique, manque d’énergie et stress, au détriment le plus souvent de leur santé et de leur bien-être.

Aller vite, toujours courir, n’avoir jamais le temps de faire quoi que ce soit, ne pas s’occuper de soi, ne pas prendre le temps, est le lot quotidien des mamans, finalement, dans la plus grande indifférence générale. Peu à peu épuisée par un quotidien qui me transforme progressivement en « robot », au bord du burn-out maternel, j’ai choisi de mettre ma vie à plat et décidé de revoir mes priorités : mieux m’organiser, d’accord, mais pas pour en faire encore plus !

Bien au contraire, je n’ai plus qu’une obsession, me libérer le plus facilement et le plus rapidement possible des contraintes du quotidien pour, enfin, dégager du temps pour ma famille et pour moi, bref, pour profiter davantage de la vie, et surtout, me sentir vivre, pour ne pas dire vivante ! Je me remets à lire, à écrire, à dessiner (petite, je dessinais du lever au coucher), à rêver et me réapproprie doucement ma vie. J’apprends à gérer ma fatigue et plus globalement mon énergie, à mon rythme, semaine après semaine, mois après mois, trimestre après trimestre de la « terrifiante » année scolaire. Je suis désormais à l’écoute de mes besoins, de mes désirs, de mes aspirations personnelles, et je respire enfin.

Un regard bienveillant

Ma mission aujourd’hui – et ce livre en fait partie – est de faire bénéficier les autres mamans de ce parcours personnel qui m’a amenée, tranquillement, sans grands bouleversements, à me réapproprier ma vie. Leur offrir cette possibilité, toute simple, de respirer, de sortir la tête de l’eau et de reprendre pied, doucement.

Les mamans que j’accompagne se sentent immédiatement en confiance car elles savent qu’elles ne seront pas jugées mais avant tout écoutées, et surtout comprises, ce dont elles ont profondément besoin. Qui mieux qu’une maman, en effet, pour comprendre exactement ce que vit, au quotidien, jour après jour, une maman débordée, ou simplement fatiguée ? Une maman qui a elle-même vécu et qui vit parfois encore, de manière épisodique, le quotidien d’une maman débordée. Une maman qui connaît son ressenti, ses attentes, ses frustrations, ses besoins.

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C’est précisément ce qui m’a manqué durant les périodes où je n’en pouvais plus : une oreille attentive, quelqu’un à qui parler de ce que je ressentais. Car, comme beaucoup de mamans, j’avais l’impression que personne ne me comprenait vraiment… Je me souviens être allée, alors que j’étais au plus bas, voir mon médecin traitant d’alors : je me vois encore lui expliquant ma situation et lui confiant, prenant sur moi, que je n’en pouvais plus. Ce à quoi il a répondu un « Effectivement, vous êtes en surmenage. Levez le pied ! Vous voulez que je vous prescrive des vitamines ? » Fin de la consultation. Au revoir. En sortant du cabinet, ce matin-là, je me souviens m’être sentie très seule. Seule face à moi-même. Seule pour affronter mon quotidien. Seule pour devoir trouver, cette fois encore (ce que je fis, bon an, mal an), des solutions pour « tenir le coup ». Mon indignation, ma colère, face à ce que je considère encore à ce jour comme une injustice faite aux femmes, est née ce jour-là. Elle nourrit mon combat aujourd’hui.

Ni psy ni life coach

Quand des mamans me contactent ou viennent me voir et que je constate qu’elles sont en réelle souffrance, qu’il ne s’agit pas d’une « simple » question d’organisation, je les oriente immédiatement vers leur médecin traitant ou vers un psychothérapeute. Je connais les limites de mon action et je suis particulièrement vigilante sur ce point. Car mon positionnement est très clair : je ne suis ni life coach, ni thérapeute, ni psychologue. Je suis « juste » une professionnelle de l’organisation au service des mamans, et ça me va très bien, bien que la presse m’ait souvent présentée comme « coach au secours des mamans », et même comme « fée-marraine », mais ça, c’est plutôt mignon…

Quand je dis aux personnes que je rencontre que je suis consultante en organisation personnelle, elles s’arrêtent net et me regardent avec de gros yeux ronds en ajoutant : « Hein ? C’est quoi, ça ? » Amusée, je leur explique que j’aide les gens à mieux s’organiser dans leur quotidien, dans leur vie personnelle comme dans leur vie professionnelle : « Ah, en fait, t’es coach ! » Argh ! Moi qui voulais à tout prix éviter de me positionner en tant que « coach », mot ô combien galvaudé et employé pour toutes les formes d’accompagnement et de conseil, c’est raté !