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L’auteur : toute petite, Héléna Motrin est fascinée par sa grand-mère qui se tartine d’épluchures de pêches. Héléna traverse une adolescence sans acné, avec rien d’autre que l’argile, l’huile de noisette et l’huile essentielle de tea-tree. Alors, c’est décidé, Héléna utilisera les plantes. Et elle pille ses placards et son frigo pour prendre soin d’elle-même. Par plaisir, par jeu et surtout parce que ça marche !

L’illustratrice : Camille Ravier est une jeune illustratrice de 29 ans.

Elle s’est fait connaître sur la blogosphère grâce à son blog dessiné www.camilla-gallapia.com dans lequel elle raconte d’un coup de crayon sa vie de jeune maman d’un ton léger et décalé qui la caractérise.

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Préambule

Ou pourquoi se ruiner en cosmétiques onéreux aux composantes pas toujours très nettes quand on peut piocher dans son frigo et ses placards ? Comment se fait-il que certaines aiment savoir avec quoi elles se tartinent ? Comment le cosmétique, c’est pas que du futile (mais un peu quand même, sinon, ça fait médicament, alors autant se faire plaisir en plus) ?

Huiles et minéraux sont les alliés de la peau des êtres humains depuis… à vrai dire, les traces de cosmétiques retrouvées par les spécialistes sont presque aussi anciennes que les traces de l’Homme, c’est dire ! Donc, pendant ces milliers d’années, l’homme (en fait, surtout la femme, mais ça dépend un peu des civilisations, il faut l’avouer) a appris à tirer le meilleur parti de son environnement pour devenir beau – enfin plus beau (ok, ils utilisaient aussi onguents et parfums à des fins rituelles, magiques, médicales, etc., mais c’est une autre histoire) ! Puis est arrivée la Révolution industrielle… Gras et pigments ont été mis en tubes pour les peintures mais pour les cosmétiques aussi ! Pour faire baisser leurs coûts de fabrication, les industriels se sont mis à utiliser des produits moins onéreux, souvent dérivés de la pétrochimie grâce à laquelle on mime les produits naturels à partir du pétrole – malheureusement, on ne fait que les mimer, on ne sait pas les copier. Heureusement, nos grands-mères n’ont pas perdu les recettes de nos arrière-arrière-arrière-grands-mères. Celles-ci n’avaient pas forcément les moyens de s’offrir de supers produits de beauté, mais elles étaient les héritières de toutes les traditions qui ont donné naissance à ces mêmes produits. Mais pourquoi les imiter aujourd’hui ? Allez-y, regardez l’étiquette de votre soin… Là où il y a la composition… Oui, vous y êtes ? Il y a quoi en premier ? « Aqua » ! C’est de l’eau ! Dans un soin « aux fruits » du commerce, il y a de fortes chances qu’il n’y ait que 1 % de fruit dedans ! Pour tout un tas de raisons, qui ne sont pas toujours mauvaises, d’ailleurs. Arrêtons de ne voir que le négatif partout : le pessimisme, ça donne des rides ! Alors que, quand vous utilisez directement le fruit, il y a environ 100 % de fruit, donc 100 % d’actifs naturels et efficaces ! C’est pas génial ça : des milliers d’années de recherches concentrées dans un masque à la banane ? Et en plus, ça ne coûte (presque) rien ! Donc, avec toutes les économies réalisées, imaginez la collection de chaussures que vous allez pouvoir vous offrir !

En résumé : la cosméto-frigo, c’est pas cher et ça marche. Mais en plus, c’est rigolo. N’écoutez pas les rabat-joie qui claironnent que les féministes ne se sont pas battues pour que vous remontiez dans le temps avec des recettes antiques : ce qui est le plus long, dans un masque, c’est le temps de pause, pas sa préparation. Et ce temps de pause est le même que vous ayez acheté ou fabriqué ce masque. Et toc ! Et en plus, on peut se marrer à peu de frais entre copines, avec le souvenir régressif des batailles de bouffe à la cantoche, et ça, ça n’a pas de prix !

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Spéléo-placards

Bon, vous êtes maintenant convaincue du bien-fondé de la cosméto-frigo. Prête à dévaliser vos placards ? Oui, mais qu’est-ce que vous utilisez au juste ? Le ketchup, par exemple ? Hum… Mieux vaut utiliser des ingrédients simples, c’est-à-dire bruts, non préparés, puisqu’un des buts est de savoir ce que vous vous étalez sur la peau ! Ensuite, armez-vous d’une bonne dose de logique.

Si vous êtes allergique à un aliment pris en interne, il y a de fortes chances que vous y soyez aussi allergique en externe. Et qu’importe sa couleur : un kiwi, vert ou jaune, reste un kiwi ! Ne prenez pas de risque. Au besoin, faites un test en appliquant une petite dose de l’ingrédient que vous soupçonnez dans le pli du coude : si aucune réaction n’est apparue dans les 24 heures, vous pouvez l’utiliser. Au moindre gratouillement, à la moindre rougeur, rincez abondement et oubliez l’ingrédient ! N’oubliez pas que ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est bon : l’amanite phalloïde est naturelle, et pourtant… vous vous en feriez un masque, vous ?

Par ailleurs, la peau n’est pas imperméable, c’est un fait à ne jamais oublier. Donc, utilisez de préférence des ingrédients bio, ou cultivés de façon naturelle, ou soigneusement lavés et essuyés. Ah, pour finir, si un masque s’appelle « masque à la banane » c’est que de la banane rentre dans sa composition : une belle banane bien mûre et appétissante, pas une vieille banane pourrie – sinon, le masque s’appellerait « masque à la vieille banane pourrie ». Laissez les moisissures et autres levures à Pasteur, lui sait les transformer en découvertes révolutionnaires. En ce qui vous concerne, utilisez des produits frais et sûrs.

Bref, les fruits, les légumes, les féculents, les produits laitiers, certaines épices, le sel, le sucre et les huiles sont les composantes principales d’une cosméto-frigo, mais on peut y ajouter certains ingrédients faciles à trouver dans la plupart des moyennes et grandes surfaces : de l’argile, des hydrolats et des huiles essentielles. Oui, mais comment les choisir ? Pour l’argile, filez voir l’encadré « Argiles » (cf p 121). Pour les hydrolats, on retiendra celui de rose (adoucissant, calmant et surtout, hum, cette odeur !), d’eau de fleur d’orange (ou néroli – tonifiant pour les peaux sèches) et de lavande, aux multiples bienfaits pour toutes les peaux, y compris acnéiques ! Pour les huiles essentielles, le choix est beaucoup plus complexe : si on en trouve couramment une douzaine, il en existe près de 300 dont les pouvoirs sont infiniment variés. Pour ne pas se planter en commençant, on se concentre sur une seule seulement : la lavande – on choisit son huile essentielle grâce à son nom latin : lavendula angustifolia en l’occurrence. Pourquoi celle-ci ? Parce qu’elle a de multiples usages, comme l’hydrolat de la même plante : elle cicatrise, régénère et tonifie les peaux sèches et assainit les peaux grasses. Donc tous les types de peaux l’aiment ! Mais vous, vous savez quel est votre type de peau ?