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J’écris
pour que mes enfants
n’oublient pas
de quel ventre ils sont nés.

Remerciements

Je remercie du fond du coeur toutes les femmes qui ont accepté de me confier leurs réalités de travailleuses en burn-out.

Grâce à leur courage, j’ai pu dépasser mon propre sentiment de honte face à cette maladie.

Une ancienne collègue m’a dit : « Si toi tu ne parles pas, qui parlera ? »

Ainsi est née la mission du nénuphar...

Renaître de la boue.

Pour dire aux autres la boue, les mécanismes de la boue, la violence de la boue mais aussi que c’est possible de se reconstruire, de se reconvertir à partir de cette boue.

La rencontre de nos voix a permis la magie de ce livre.

Retrouve l’enfant-feu !

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Chère amie,

Comment te rassurer ? Comment te soutenir ? Comment t’apporter espoir et courage ? Peut-être simplement en te rappelant que j’étais à ta place, il y a deux ans...

C’était un dix-sept janvier. C’était la première fois que je montais sur scène pour partager ma poésie. Qui aurait pu dire que cinq jours auparavant, une psychiatre m’avait reconnue en état de burn-out ?

Je n’oublierai jamais ce tremblement de la voix, des mains, des cuisses et cette communion électrique avec le public. Je n’oublierai jamais ce dix-sept janvier….

Aujurd’hui, avec le recul et le repos, je m’aperçois que cette étrange soirée portait, en germe, toutes les graines de ma guérison.

De manière fulgurante, je m’y suis reconnectée avec l’enfant-feu que j’avais été, avec sa flamme, sa hardiesse, sa créativité, intacte, patientant sous mon uniforme d’employée modèle. J’ai entrevu qu’il n’y avait rien d’étonnant à se consumer de l’intérieur lorsque l’on était habitée par un tel souffle et que l’on persistait à enfermer celui-ci dans un cadre professionnel inadéquat !

Pendant dix ans, j’avais été à l’écoute des problèmes et des colères des autres, alors que ma mission de vie, je le découvrais, s’inscrivait dans un mouvement inverse : offrir des émotions, donner à entendre, être une passeuse d’histoires.

J’ai beaucoup pleuré en pensant à toutes ces années perdues mais quand j’ai pu sécher mes larmes, je me suis mise en quête de ces lieux rares où mon enfant-feu pourrait être suffisamment nourri dans ses besoins d’indépendance et de reconnaissance que pour déployer toutes ses potentialités.

Je suis bien consciente que je suis une chanceuse ! J’ai été accompagnée par une psychiatre et par une metteuse en scène, j’ai été coachée par des amies résilientes en matière de souffrance au travail, j’ai participé à des tas d’ateliers et de conférences. J’ai voyagé, beaucoup ri, beaucoup dormi, pris soin de mon corps, lu et fait des rencontres déterminantes.

Un matin, de nombreux mois après ce fameux dix-sept janvier, j’ai écrit ce poème d’un jet et j’ai su que la maladie était derrière moi...

« L’heure de la révolte des pelages rampants gronde !

Plus jamais, je ne laisserai un employeur me traiter d’éponge ! Une éponge, c’est un morceau de foie ivrogné de souffrances ; ce sont six lettres détrempées et malsonnantes qui bavent sur les dentelles de mon métal croquant.

Plus jamais, je ne laisserai une petite cheffe dénigrer mes atours de poétesse, m’évaluer d’un regard borgne tapi dans sa volaille et glousser, dans ses entrefilets, à la fonte de mon estime.

C’est comme ça ! Depuis ce matin chacun de mes gestes a pris une tournure vitale !

Vital que je me barre au plus vite de ce bureau ! Vital que je me débarrasse de ce costume étriqué, de cette collerette bouffante, bluffante, étouffante de salariée modèle ! Vital que je cesse de mensonger, de m’irrespecter, de m’épouvantailler en vain ! Je veux redevenir moi ! Je ne veux pas crever en derviche mécanique, clouée à une danse de fourmis !

Je veux redevenir moi ! Souffle, sève, rebond, corps libre. Comme avant !