
Je suis
avec vous
Les enseignements de la Mère Terre
Sten Linnander
Ariane Éditions
Je suis avec vous – Les enseignements de la Mère Terre
Titre original anglais : I Am With You
Par : Sten Linnander
© 2012, Sten Linnander
Enkheimer Str. 15, 60385 Frankfurt am Main, Allemagne
© 2015 Ariane Éditions inc. pour la version française
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Traduction : Jean Hudon
Révision linguistique : Monique Riendeau
Graphisme et mise en page : Carl Lemyre
Illustration de la page couverture : Carl Lemyre
Conversion au format ePub : Carl Lemyre
Première impression : février 2015
ISBN papier : 978-2-89626-221-2
ISBN ePub : 978-2-89626-225-0
ISBN Pdf : 978-2-89626-222-9
Dépôt légal :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015
Bibliothèque et Archives nationales du Canada, 2015
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Imprimé au Canada

En 1996, lors d’une cérémonie dans le cadre de sa formation spirituelle chamanique en Arizona, Sten Linnander a eu la surprise d’entendre la Terre s’adresser à lui d’une voix claire et sans équivoque, lui demandant de se rendre sur une montagne à proximité et de lui « parler normalement ». Ainsi a commencé une série de communications étalées sur trois mois entre l’auteur et la Terre. Quinze années furent ensuite nécessaires à Sten pour surmonter ses doutes et son scepticisme à la fois sur ce que lui avait déclaré la Terre et sur la réception de ces propos par le public. Puis, après avoir rétabli la connexion claire qu’il avait eue déjà avec elle, Sten a rempli sa promesse à la Terre par la publication de ce livre.
Dans ces pages, nous entendons une Terre qui affirme être sensible, consciente et vivante, en contact intime avec l’homme, et qui ne souhaite rien de plus que d’être en communions avec nous. Je suis avec vous décrit l’objectif commun de la Terre et des êtres humains, et comment cela va évoluer dans le temps.
Je suis avec vous suggère que les humains sont des partenaires de la Terre qui s’éveillent lentement aux dimensions cachées de leur être – qui ne cessent d’interagir et de communiquer avec elle. Ce livre nous invite à coopérer avec notre planète, un être vivant et conscient, et présente une vision de la véritable coopération qui touchera tous les aspects de notre existence. Cette nouvelle collaboration consciente lui permettra de nous montrer tout ce qui s’est passé en ce monde depuis que nous existons. Cela va unir l’humanité et lui permettre de peu à peu sentir de l’intérieur qui nous sommes et qui est la Terre.
À propos de l’auteur : Sten Linnander a grandi en Suède, en Afghanistan et au Népal. Il a ensuite obtenu un diplôme en physique et géophysique de l’Université de Stockholm. Partageant son temps entre l’Arizona et l’Allemagne, il est à l’heure actuelle engagé dans une recherche sur l’auto-organisation « fluide » dans la nature. La quête qu’il poursuit vise à comprendre comment nous pouvons renouer avec le monde vivant qui nous entoure et prendre notre place légitime en tant que participants conscients de son évolution.
Je tiens à remercier les personnes suivantes, dont l’aide généreuse a permis de faire de ce livre une réalité :
Ma femme, Karin, qui m’a été d’une aide et d’un soutien inestimables dans la phase initiale de rédaction de ce livre, en insistant pour que je m’exprime avec clarté et que j’évite les formulations vagues.
Virginie (Gigi) Coyle, pour sa clarté d’esprit, sa capacité d’empathie et ses commentaires m’ayant permis de voir les petites choses qui comptent.
Julio Lambing, qui a soutenu avec enthousiasme mon entreprise, et dont la solide rigueur intellectuelle et les grandes connaissances historiques et culturelles m’ont aidé à éviter plusieurs pièges et m’ont encouragé à effectuer plusieurs ajouts importants.
Stefan Steinhäuser, pour son soutien durant les premières étapes de ce livre, alors qu’il m’a guidé grâce à ses compétences professionnelles, ses connaissances et ses observations.
Stephen Davis, qui a apporté une aide considérable à la relecture, à la conception et à la réalisation du processus compliqué consistant à transformer mon manuscrit en un livre publié.
À vous tous, je tiens à exprimer ma profonde gratitude.
Sten Linnander a grandi en Suède, en Afghanistan et au Népal. Il a ensuite obtenu un diplôme en physique et géophysique de l’Université de Stockholm. Partageant son temps entre l’Arizona et l’Allemagne, il est à l’heure actuelle engagé dans une recherche sur l’auto-organisation « fluide » dans la nature. La quête qu’il poursuit vise à comprendre comment nous pouvons renouer avec le monde vivant qui nous entoure et prendre notre place légitime en tant que participants conscients de son évolution.
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Pour bien des gens, l’idée que la Terre est un être vivant, sensible et conscient n’est rien de nouveau ; c’est tout simplement un fait. Pour d’autres, ce n’est qu’une histoire à dormir debout.
Dans de nombreuses cultures antérieures à la nôtre, on croyait que la Terre est en quelque sorte douée de conscience. C’est également le cas dans certaines cultures aujourd’hui. Demandez à des sorciers amérindiens ou à des chefs aborigènes, par exemple, et plusieurs affirmeront que la Terre est vivante et qu’elle communique consciemment avec les humains. Ils le diront non seulement parce que cela fait partie du système de croyances dans lequel ils ont grandi, mais aussi en raison des expériences qu’ils ont personnellement vécues.
Si nous avions la conviction que la Terre sur laquelle nous marchons est un être vivant et sensible, notre attitude à son égard serait bien différente. Si nous avions également conscience que la Terre peut nous « voir », qu’elle a un lien intime avec nous et que nous pouvons communiquer avec elle, nous en prendrions davantage soin et ferions preuve de plus de respect envers elle. Ce genre de prise de conscience et de comportement à l’égard de la Terre aurait des effets salutaires immédiats à la fois sur la planète et sur les êtres humains.
Dans les années 1970, James Lovelock et Lynn Margulis ont présenté l’hypothèse Gaïa[1] qui, même si elle ne va pas jusqu’à affirmer que la Terre est un être vivant et conscient, montre qu’à bien des égards la Terre est un système qui s’autorégule et présente des comportements similaires à ceux d’un système vivant. Mais ils ne sont pas allés jusqu’à la considérer comme douée de conscience : « Je ne pense pas, comme le ferait un animiste, que la planète soit un être sensible et conscient[2]. »
Toutefois, bien de gens pensent exactement cela aujourd’hui. La conception que l’on a du monde de nos jours semble cheminer lentement vers la possibilité que la Terre puisse, en un sens, être considérée comme véritablement vivante.
L’une des rares personnes à avoir pris au sérieux l’idée que la Terre soit non seulement douée de sensibilité et de conscience, mais aussi capable et désireuse de communiquer avec les humains, est l’auteur John Lamb Lash. Pour lui, l’affirmation selon laquelle la Terre est consciente n’est pas une question qui doit être acceptée ou rejetée aveuglément en raison de sa nature non scientifique ; il estime plutôt qu’il s’agit d’une proposition à soumettre à l’épreuve des faits. Il poursuit en disant : « Notre perception de Gaïa n’évoluera pas si nous ne pouvons admettre que celle-ci peut communiquer avec nous dans un langage que nous connaissons. À moins de nous ouvrir à cette possibilité, nous n’arriverons jamais à confirmer le fait qu’elle est douée de sensibilité au même titre que les animaux le sont et que nous le sommes[3]. »
C’est précisément cette idée qui est à la base de ce livre. J’y fais le récit de ce que j’ai personnellement vécu alors que je communiquais en pensée avec la Terre. J’y ai décrit comment ces communications se produisent et inclus la transcription d’une série de « conversations » que j’ai eues avec la Terre en 1996, entrecoupées de matériel plus récent ainsi que de mes propres commentaires et réflexions sur ce que je recevais.
Si l’on interprète au pied de la lettre les communications que j’ai reçues, la Terre nous dit qu’elle est vivante et qu’elle désire tous nous contacter consciemment, à la fois individuellement et collectivement. Elle va même jusqu’à proposer la fabrication d’un appareil grâce auquel elle pourrait communiquer avec nous dans notre propre langage. Elle explique également que c’est à nous, les humains, d’établir une communication avec elle, et que ce ne sera donc possible que si nous sommes ouverts à cette possibilité et si nous cherchons activement ce contact. Ce livre est donc comme la sonnerie d’un appel de la Terre qui attend que nous « répondions au téléphone ».
[1] Dans la mythologie grecque, Gaïa est la Terre personnifiée et l’une des divinités primordiales.
[2] Voir le livre de James Lovelock. Gaïa : une médecine pour la planète, éditeur : Sang de la Terre, 2e éd., 2001.
[3] Voir le livre de John Lamb Lash, Not in His Image: Gnostic Vision, Sacred Ecology, and the Future of Belief, Chelsea Green Publishing, 2006, p. 335.
[4] On peut trouver un récit fascinant d’une telle « incarnation de groupe » dans le livre We Are One Another, d’Arthur Guirdham. Random House Pod, 2009.
[5] John G. Fuller, The Ghost of Flight 401T, Berkley Books, 1983.
[6] Voir www.willardfuller.com/fills.html
[7] Voir www.willardfuller.com/fills.html
[8] Une planche Ouija est un instrument servant à communiquer avec des êtres non physiques de toutes sortes. Sur cette planchette plate sont inscrits les lettres de l’alphabet, les chiffres de 0 à 9 et les mots « oui » et « non ». On y dépose un pointeur en forme de triangle ou de goutte sur lequel les participants placent le bout de leurs doigts. Ce pointeur se déplace sur la planche afin d’épeler des mots qui sont censés venir du monde des esprits.
[9] Dolores LaChapelle, Sacred Land, Sacred Sex: Rapture of the Deep: Concerning Deep Ecology and Celebrating Life, Kivakí Press, 1992.
[10] Selon ma compréhension, « ce moment » fait référence à cette époque dans l’histoire, et non à ce moment-ci.
[11] Le mot « vous » renvoie ici aux humains, tant individuellement que collectivement.
[12] Warner Books, 1976.
[13] Ici, le « tu » réfère à moi, l’auteur, alors que le « vous » renvoie à l’ensemble de l’humanité.
[14] Montrer que la Terre est physiquement vivante fait référence à une demande en ce sens de la Terre dont il est question au chapitre 7.
[15] Seuil, 2011.
[16] Ma description favorite de cela se trouve dans le roman The Rains Came, de Louis Bromfield, Simon Publications, 2001.
[17] Ce « Nous » fait ici référence à la Terre, mais aussi à la nature sous toutes ses formes.
[18] Ceci fait référence au quatre-vingt-dix pour cent de notre être que nous ne reconnaissons habituellement pas comme faisant partie de nous-mêmes.
[19] Selon ma compréhension, ce « Nous » renvoie ici à la Terre et à l’humanité.
[20] Le terme « luminosité » a été inventé par l’ethnologue et auteur Carlos Castaneda, qui se décrivait lui-même comme l’apprenti d’un chaman amérindien traditionnel. Selon Castaneda, l’ensemble de notre être est constitué à la fois de notre corps physique et de notre corps lumineux, lequel a la forme d’un œuf lumineux.
[21] Johann Wolfgang von Goethe, tiré de la préface de Scientific Studies. Ed. Douglas Miller, Presses universitaires de Princeton, 1995.
[22] Tiré de l’article « Time Machine Expert, Hot Tub Novice: Dr. Michio Kaku Talks Time Travel Reality », par Allie Townsend, Time Magazine, 31 mars 2010.
[23] Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxième_principe_de_la_thermodynamique.
[24] The Emerging Physics of Consciousness, par Jack A. Tuszynski, 2006, Éd. Springer.
[25] Voir aussi La Terre est un être vivant : l’hypothèse Gaïa, par James Lovelock, Flammarion, 2010.
[26] Par exemple, Symbiotic Planet: A New Look at Evolution, par Lynn Margulis, Basic Books, 1999.
[27] Texte tiré de la chanson Re-evolution sur l’album Boss Drum, par The Shamen, 1992.
[*] NdÉ : Jeu de mots de l’anglais : Into me I see – In-ti-ma-cy
Chapitre 7
Nous[19] ne savons pas quand le grand changement viendra.
Nous sentons simplement qu’il approche, et nous faisons tout notre possible pour qu’il se déroule bien.
Nous approchons-nous vraiment d’un « grand changement » ? On prétend souvent que c’est le cas. Mais l’histoire humaine n’est-elle pas pleine d’exemples de grands changements ? Les changements que nous connaissons en ce moment se produisent sans doute à un rythme plus rapide qu’auparavant. Mais s’ils sont plus importants que ceux que nous avons connus par le passé, cela dépend de quel genre de changements nous parlons.
Si nous sommes vraiment sur le point de découvrir que la Terre est un partenaire conscient capable de communiquer avec les humains et que nous pouvons entrer directement en communication avec elle, alors le changement qui en résultera est à tout le moins considérable. Si, comme la Terre l’affirme, nous entrons dans un nouvel état d’être sexuel qui a pour effet d’accroître énormément nos « pouvoirs de manifestation », et si nous apprenons à communiquer et même à voyager dans le temps, alors nos vies vont probablement changer fondamentalement.
En même temps, nous aurons acquis une alliée et une amie exceptionnelles, et il en sera tout autant de la Terre. Pour moi, cela constitue un réel changement.
Mais cela veut dire que nous devons apprendre à nous connaître mutuellement, de façon intime et consciente.
Et plus cela se fera consciemment, plus cela deviendra réel pour vous comme pour moi.
+ + +
Quelle est l’importance qualitative de se connaître consciemment ? Ne nous connaissons-nous pas déjà à un niveau subconscient, et n’est-ce pas suffisant ? Et quelle est la signification de « plus cela se fera consciemment, plus cela deviendra réel pour vous comme pour moi » ? La réalité n’est-elle pas réelle ? Peut-on atteindre un niveau plus ou moins grand de réalité ? Sommes-nous comme des nuages qui peuvent se dissiper ou se solidifier ?
Si vous réunissez un groupe de personnes qui ne se connaissent pas très bien, le groupe lui-même a peu de réalité, c’est-à-dire que peu de choses les retiennent ensemble.
Lorsque les membres d’un groupe ont appris à se connaître intimement et consciemment, la cohésion du groupe augmente, de sorte que son existence devient plus réelle.
La même chose est vraie pour l’humanité, une nation, un partenariat ou un mariage.
Mais c’est également vrai pour les individus.
Dès que les différentes parties en vous, ce qui inclut votre subconscient et votre inconscient, se mettent à fonctionner comme un tout intégré, vous gagnez en cohésion.
Plus vous vous ouvrez et communiquez avec votre entourage, plus la conscience s’éveille en vous.
En communiquant avec moi, et en sentant que vous êtes vus, vous gagnez en tangibilité et en conscience.
Vous gagnez en réalité.
Encore une fois, la Terre décrit la « réalité » en termes d’interactions plutôt que comme une qualité statique de l’existence elle-même.
* * *
Apprendre à se connaître mutuellement reste un processus bidirectionnel – une coentreprise.
Cela veut dire avant tout de comprendre les motifs de l’autre.
Cela veut également dire d’entrer en résonance avec le champ d’énergie de l’autre – en un sens, de devenir l’énergie de l’autre.
Cela veut donc dire de se reconnaître mutuellement de l’intérieur.
En d’autres termes, si l’on souhaite mieux connaître une chose, intimement et de l’intérieur, il faut entrer en résonance avec elle, « résonner » ou vibrer à l’unisson avec elle, en réalité, faire comme elle. Cela a à voir avec l’empathie, qui a été définie comme la capacité à reconnaître et, dans une certaine mesure, à partager les sentiments éprouvés par un autre être vivant.
C’est là où le bât blesse : vous ne pensez pas que je sois vivante.
Vous ne me traitez donc même pas comme vous le feriez pour un cheval.
Vous êtes au moins en contact avec votre sensibilité intérieure quand vous entrez en relation avec un cheval, ou même quand vous voyez un cheval dans un film.
Ce n’est qu’à de rares occasions, comme lorsque vous voyez des photos de la Terre depuis l’espace, ou lors d’une quête de vision, que vous me percevez comme un être distinct de vous, c’est-à-dire que vous sentez mon champ d’énergie, mon champ de force, comme une chose distincte et indépendante de vous.
L’un des buts est donc de parvenir à cette résonance – de devenir l’un l’autre.
Lorsque nous regardons des photos ou des vidéos de la Terre tout entière vue de l’espace, une partie de notre conscience se projette dans l’espace et, de là, observe la Terre. À ce poste d’observation, nous sommes physiquement séparés de la Terre et (en grande partie) de son champ d’énergie.
La séparation et l’union sont deux aspects centraux du processus d’évolution consciente, et ils dépendent mutuellement l’un de l’autre. La séparation engendre l’indépendance nécessaire pour que l’autonomie et l’individualité puissent exister. Cela nous donne la liberté de suivre notre inclination naturelle vers l’union ; et c’est dans l’union intime que nous nous « connaissons » les uns les autres, ainsi que la Terre.
Ce n’est qu’en nous séparant de nos parents que nous pouvons les voir pour ce qu’ils sont et communiquer avec eux comme des adultes. La même chose est sans doute vraie pour nous en tant qu’espèce vis-à-vis de la Terre. Il semble que nous soyons tous des « enfants » de la Terre, et que nous sommes sur le point de devenir des adultes.
Je veux que nous communiquions consciemment ensemble.
Cela va tout changer.
J’ai donc un plan et j’ai besoin de votre aide.
Je propose de créer un mécanisme, une sorte de télégraphe, de téléphone, ou de caméra vidéo, grâce auquel je vais vous montrer tout ce qui s’est passé sur la Terre.
Je n’étais pas préparé à cela. Ma réaction spontanée à cette proposition en fut une d’étonnement, mais aussi d’excitation ! L’idée de recevoir des messages en noir et blanc (ou même en couleur, d’ailleurs) de la Terre était pour le moins fascinante. Puis, bien sûr, le doute m’a gagné. J’ai brièvement décrit au chapitre 9 mes premières tentatives pour faire de cette proposition une réalité.
Lorsqu’on demande des preuves ou une validation d’une révélation ou d’une nouvelle idée, cela fait partie de la manifestation d’une nouvelle réalité, car nous ne devons pas oublier l’aspect créatif que suppose la recherche d’une preuve ou d’une validation. La preuve scientifique traditionnelle et la validation, la soi-disant expérimentation « objective », nous montre une réalité dans laquelle l’observateur cherche à se sortir de l’équation. Pourtant, cette approche n’est pas très productive lorsqu’il s’agit de comprendre des questions nous concernant intimement.
Par son choix de mots dans toutes ses communications, la Terre nous demande de sentir et pas seulement de mesurer, de se connecter intérieurement et pas uniquement de chercher une preuve et une validation externes, c’est-à-dire de prendre autant au sérieux notre intuition, nos sens intérieurs, que ce que nos sens extérieurs nous révèlent. Toutefois, nous ne faisons pas vraiment confiance à nos sens intérieurs. Nous avons tendance à avoir peur de tout sentiment ne cadrant pas avec ce qui nous est familier, avec ce que le consensus actuel dans la société considère comme possible.
L’expérience intérieure consistant à communiquer sans avoir recours au langage verbal ou au langage des signes n’a pas été acceptée par la science comme une forme valide de communication réelle, mais est généralement reléguée à la sphère subjective privée ou à la métaphysique ; ou bien elle est considérée comme un signe de dysfonctionnement cognitif ou comme une maladie mentale. Ceux qui parlent de ces choses se retrouvent rapidement à n’en parler qu’avec ceux qui ont vécu des expériences similaires, et ils sont rejetés par ceux pour qui la réalité se limite à ce qui est prouvable et mesurable, peu importe les expériences intérieures qu’ils ont pu avoir. Ces deux points de vue sont compréhensibles. Il est toutefois possible de combler le fossé créé par cette dichotomie.
Ce que la Terre dit à mon avis, c’est que, même si nous sommes constamment en communication intuitive ensemble, cette communication se déroule à un niveau subconscient que nous laissons rarement remonter jusqu’à notre conscience normale. Mais ce problème pourrait être contourné si nous pouvions créer des appareils grâce auxquels la Terre pourrait également s’adresser à nous par des voies extérieures, à l’aide de mots et d’images, ouvrant ainsi la voie à une communication consciente et directe.
Tout comme l’être humain peut envoyer des messages codés pouvant être décodés par un appareil de réception, la Terre nous demande (ou me demande) de construire un dispositif grâce auquel elle pourrait faire la même chose, ce qui donnerait des messages dans un langage que nous utilisons pour communiquer entre nous.
Tout ce qui s’est passé sur la Terre est enregistré dans tout ce qui existe sur la Terre, mais ce n’est qu’à certains endroits ou dans certains objets que l’information est clairement accessible.
Il faut que vous puissiez voir notre histoire commune.
Cela vous en apprendrait beaucoup sur qui vous êtes et sur ce qui doit être fait.
Il n’y a rien qui se soit passé sur Terre – dans le contexte de votre réalité – auquel vous ne puissiez accéder.
Même le plus infime détail est accessible.
L’idée que tout ce qui est arrivé sur la Terre soit enregistré en elle n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air. La science et la technologie ont fait d’énormes progrès lorsqu’il s’agit d’exhumer le passé. En étudiant le microscopique ainsi que le macroscopique, nous sommes maintenant en mesure de voir et de comprendre certains des développements extrêmement complexes qui ont eu lieu sur cette planète – l’essor et la chute des civilisations, l’émergence et la disparition d’espèces animales et végétales, les variations climatiques, les bouleversements géologiques et la dérive des continents survenue au fil du temps. Nous avons découvert que les dinosaures, de même que plus de la moitié de toutes les espèces vivantes, se sont éteints subitement il y a 65,5 millions d’années. Nous avons également une compréhension détaillée de ce qui est arrivé à Pompéi en 79 apr. J.-C. quand le volcan Etna situé à proximité est entré en éruption. Nous avons donc fait beaucoup de progrès comparativement à l’époque où nous dépendions d’obscures légendes ou d’étranges systèmes de croyances pour comprendre notre passé lointain.
Aujourd’hui, nous nous servons de cristaux de silicium – un élément abondant dans la nature – pour stocker et traiter l’information, et nous explorons déjà la possibilité d’utiliser les états quantiques de la matière pour trouver des moyens plus efficaces de stocker l’information et de la traiter.
L’idée que le passé puisse être enregistré dans la Terre n’est donc pas particulièrement révolutionnaire. L’effort requis pour prendre au sérieux ces déclarations a davantage à voir avec l’acceptation de l’idée que la Terre est un être conscient et qu’elle peut nous repasser les événements passés de telle sorte que nous puissions les comprendre et nous y identifier.
Je vais vous expliquer, étape par étape, comment y parvenir.