

Copyright © 2017 Marie-Chantal Plante
Copyright © 2017 Éditions AdA Inc.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Révision linguistique : Isabelle Veillette
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux
Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand
Photo de la couverture : © Thinkstock, © 2017 Mathieu C. Dandurand
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89767-647-6
ISBN PDF numérique 978-2-89767-648-3
ISBN ePub 978-2-89767-649-0
Première impression : 2017
Dépôt légal : 2017
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada
Téléphone : 450-929-0296
Télécopieur : 450-929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com
Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
Téléphone : 05.61.00.09.99
Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
Imprimé au Canada

Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre
du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque
et Archives Canada
Plante, Marie-Chantal, 1966-
Elliott, chasseur d’ombres
Sommaire : t. 3. Le combat.
Pour les jeunes de 10 ans et plus.
Également publié en formats électroniques.
ISBN 978-2-89767-647-6 (vol. 3)
I. Plante, Marie-Chantal, 1966- . Combat. II. Titre.
PS8631.L354E44 2015 jC843’.6 C2015-941817-8
PS9631.L354E44 2015

Conversion au format ePub par:

www.laburbain.com

Le Paladin, Le Samouraï, Maya et Super félin

Ce livre est pour ceux qui m’ont soutenue, des tomes 1 à 3 : Patrick, mon âme sœur et mon plus grand admirateur. Cécile et Jean, qui m’ont poussée à persévérer parce qu’ils aimaient trop mes personnages pour les laisser tomber dans l’oubli. À mes fils, Delrick et Raphaël, qui m’ont permis d’imaginer le monde à travers les yeux d’Elliott.
Alors que l’année avait si bien commencé par un baiser échangé sous le gui, le reste du mois de janvier sembla ne jamais vouloir finir. L’inactivité dans laquelle se voyaient forcés les deux jeunes en attendant la relâche scolaire était enrageante. Si le voyage au Pérou et la quête du Soleil de l’âme comportaient leur part de dangers, ils leur serviraient au moins d’exutoire à cette énergie latente qui bouillonnait en eux. Elliott se défonçait à l’entraînement, espérant calmer ce chaos intérieur, mais sans grand succès.
Les esprits du garçon étaient les seuls à ne pas trouver le temps long. En effet, ils avaient découvert une nouvelle série télé traitant de paranormal ; en un rien de temps, Surnaturel avait dépassé Traqueurs de fantômes à leur palmarès. Ils étaient impressionnés de l’imagination des scénaristes, mais aussi étonnés de retrouver une bonne part de réalisme dans l’histoire. Et dire que les humains considéraient cette émission comme de la fiction ! Bon, il y avait bien un peu de confusion entre démons et esprits de la noirceur, mais la représentation des démons était assez fidèle à l’apparence réelle des esprits de la noirceur. Il n’était pas rare qu’Elliott entende ses amis spirituels citer Sam et Dean, les deux frères au cœur de l’émission. Même le Samouraï, habituellement pas très adepte de télévision, se joignait souvent à eux ; il savourait tout particulièrement la façon dont la série dépeignait les anges, les montrant comme des êtres surpuissants, mais dénués d’émotions et de jugement. Les fantômes et leur protégé auraient enfin pu partager une passion pour la télévision, si Elliott n’avait pas eu ce poids sur l’estomac, qui l’empêchait de profiter de la qualité de cette série. Il ne comprenait tout simplement pas comment les esprits pouvaient faire fi de leurs inquiétudes. Quand il leur posa la question, Burt répondit avec un grand sourire :
— Tu t’en fais trop, Samy ! Nous trouverons bien une solution.
C’était exactement le genre de réponse que Dean aurait servie à son frère, Sam. Elliott écarquilla les yeux.
— Non, mais tu te rends compte que tu m’as appelé Samy ? N’êtes-vous pas un peu en train de perdre le nord, là ?
Burt haussa les épaules tandis que les autres ne détournèrent même pas les yeux du téléviseur. Elliott s’empara de la manette et éteignit l’appareil. Les trois esprits se tournèrent finalement vers lui. Quelques secondes de duel visuel s’écoulèrent. Burt secoua la tête, leva les yeux au ciel et se leva prestement.
— Bon, si tu le prends sur ce ton, allons voir ça en direct !
Maya s’emballa, tapa des mains et disparut aussitôt, suivie de Bozo. Avant que Burt se volatilise aussi, Elliott s’empressa de demander où ils allaient. L’esprit lui répondit qu’ils se rendaient sur le plateau de tournage de Surnaturel, « puisque nous ne pouvons pas regarder notre émission ici ». Il ajouta aussi, tout bas, comme s’il s’agissait d’un secret :
— Maya aime beaucoup aller sur le plateau. Je crois qu’elle a un faible pour l’ange Castiel…
La voix de Maya retentit sans délai.
— C’est la chose la plus stupide que j’aie jamais entendue.
Burt envoya un clin d’œil complice à Elliott et renchérit :
— N’essaie pas de me dire que tu ne le trouves pas craquant !
— Il s’appelle Misha Collins, Burt, et il est HU-MAIN ! lança Maya avec impatience.
— Ah bon, tu en es certaine ? Et s’il s’agissait d’un ange qui a perdu sa grâce ?
— Crétin !
Burt laissa échapper un grand rire et disparut à son tour. Elliott resta planté dans le salon une bonne minute à se demander s’il hallucinait.
* * *
Février passa à peine plus vite que janvier. Il y eut la Saint-Valentin, qu’Elliott oublia, ce qui généra la première bouderie. Celle-ci ne dura pas et Elliott devina qu’elle était plutôt imputable à l’interminable attente qu’à son étourderie. Vers la troisième semaine de février, Daphnée reçut son passeport et retrouva un peu de sa bonne humeur. L’expédition au Pérou n’était plus que dans deux semaines, et même si les deux amis remarquaient la présence croissante d’ombres un peu partout, ils ne ressentaient pas encore d’urgence. Ils ne savaient pas de combien de temps ils disposaient, mais ils croyaient en avoir suffisamment pour compléter la mission au Pérou.
Plus le voyage approchait, moins Elliott voyait Daphnée. Elle s’entraînait de plus en plus, en prévision du mal de l’altitude et d’épuisantes ascensions sur des sentiers escarpés et sinueux. Elle répétait aussi beaucoup de routines de kata et de tai-chi, et Elliott trouvait qu’elle poussait trop loin. Croyait-elle devoir combattre des momies pour s’emparer de l’objet ? Son plus gros défi serait de retrouver l’endroit, pas de chiper le sceptre aux deux cadavres ! Mais il se gardait bien d’exprimer ses doutes, sachant que l’atmosphère était bien assez tendue déjà, sans en rajouter.
La veille du départ arriva trop vite et trop lentement à la fois. Trop lentement parce qu’ils observaient maintenant la progression de la noirceur avec appréhension, voire avec impuissance ; trop vite, car Elliott craignait pour la sécurité de sa petite amie et qu’il détestait demeurer en arrière. Il aurait voulu pouvoir l’accompagner… Évidemment, pour tous les autres, ce voyage était une merveilleuse expérience culturelle et ils trouvaient Elliott bien égoïste de réagir aussi maussadement.
Enfin, Elliott se réveilla un matin en pensant que Daphnée était dans l’avion et qu’il ne lui restait plus qu’à attendre des nouvelles. Après un copieux petit-déjeuner et un peu de fainéantise devant la télévision, il décida de profiter de la semaine de relâche pour s’investir un peu plus dans son entraînement physique et spirituel. Il effectua un voyage astral durant lequel il eut l’inspiration soudaine de se rendre aux côtés de Daphnée. Lors de ses voyages précédents, il avait toujours visé un lieu comme objectif, mais cette fois, ignorant où Daphnée pouvait se trouver, il tenta de la cibler, elle.
Instantanément, il se retrouva derrière elle, dans les toilettes de l’aéroport de Lima, où son vol faisait une escale. Elle sortait vraisemblablement d’une cabine de toilette et se lavait actuellement les mains. Elliott, immobile derrière elle, attendait le moment propice pour lui révéler sa présence. Alors qu’il allait lui parler, elle leva les yeux vers l’immense miroir qui surplombait les lavabos et aperçut le reflet d’Elliott, debout derrière elle. Elle eut un tel sursaut de surprise qu’elle laissa échapper un cri aigu et s’aspergea abondamment. Pendant quelques secondes, rien ni personne ne bougea. Toutes les femmes observaient la jeune touriste, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu lui causer tant d’émoi. Daphnée elle-même ne bougeait pas, fixant encore Elliott dans la glace, son cœur battant à tout rompre. L’eau du robinet coulait toujours. Consciente de tous les yeux rivés sur elle, elle se ressaisit, ferma dignement le robinet et, se tournant vers sa mère, expliqua posément :
— L’eau était trop chaude. Je me suis brûlée.
— Laisse-moi voir.
Daphnée présenta ses mains à regret. Sa mère la regarda, perplexe.
— Tes mains ne sont pas rouges… et elles sont froides.
— Euh, improvisa la jeune fille, l’eau n’était pas bouillante, juste un peu trop chaude et j’ai eu peur, c’est tout. Je… je crois que j’ai encore besoin d’aller aux toilettes. Je te rejoins dans l’aire d’attente.
Sa mère lui jeta un regard en biais et sortit. Daphnée dut à nouveau faire la file. Elliott l’observa pendant qu’elle attendait. Elle évitait son regard et se tenait debout, les bras croisés et la mine renfrognée. Mauvais signe. Il envisagea de rebrousser chemin, mais se ravisa, certain que sa fuite envenimerait les choses. Il repensa à son cri de frayeur et ne put se retenir de pouffer de rire. Elle lui lança un regard glacial comme le pôle Nord ; au prix d’un immense effort, le garçon réprima son rire. Une cabine se libéra finalement et il la suivit, glissant sous la porte comme un dauphin s’amusant dans l’eau. Elle se tenait devant lui, droite et imposante, si on faisait abstraction de ses vêtements trempés. Elle lui chuchota sèchement :
— C’est malin, cette façon d’apparaître derrière les gens sans crier gare !
Elliott ne s’efforça pas de parler tout bas puisque personne ne pouvait l’entendre.
— Tu devrais être contente : quelques secondes plus tôt et je te surprenais assise sur la toilette.
Il affichait un sourire espiègle. Daphnée se figea, le regard outré.
— Tu n’oserais pas ?
— Je n’oserai pas le planifier, non.
— Mmmmh. Et qu’es-tu venu faire, à part bien sûr m’embêter ?
— C’était trop drôle à voir ! Attends que je raconte cela aux triplets !
Il ne put s’empêcher de rire à nouveau. Daphnée lui grimaça un sourire sans joie qui le ramena sur terre (pour ainsi dire).
— Je faisais un voyage astral et j’ai pensé à toi… j’ai voulu m’assurer que je pourrais te rejoindre même si je ne savais pas où tu te trouvais. Ç’a fonctionné et je suis rassuré.
— Et moi toute trempée. Crétin !
Apparemment, Elliott était maintenant bien habitué aux insultes de sa petite amie, car il ne sourcilla même pas et enchaîna :
— Dis donc, où sont le Paladin et le Samouraï ?
— Ils attendent à la sortie. Ils ont d’assez bonnes manières pour ne pas entrer dans les toilettes des dames.
Voyant que son sarcasme ne produisait pas le moindre effet sur le garçon, elle secoua la tête et oublia sa colère. Ils bavardèrent quelques minutes du voyage, de l’avion, de la fatigue découlant des heures d’attente et de vol, du transit dans ce gigantesque aéroport et de ses craintes à propos de la mission. Peu après, la mère de Daphnée frappait à toutes les portes en appelant sa fille et Daphnée dut sortir. Une gigantesque dame pénétra dans la cabine ; Elliott écarquilla les yeux et Daphnée lui fit discrètement une grimace espiègle par-dessus son épaule. Le jeune garçon s’empressa de réintégrer son corps. L’idée de la dame se dévêtant devant lui était décidément effrayante !
* * *
Elliott savait que même une fois au Pérou, Daphnée ne serait pas au bout de ses peines. Après une nuit à Cuzco, destination finale du vol, ils prendraient l’autobus pour Písac. De là, ils devraient se rendre aux ruines et avec un peu de chance, ils trouveraient l’entrée du tombeau avant que les vacances soient finies. Mais en dépit des difficultés que présentait la mission, Elliott enviait sa petite amie de se trouver ainsi au centre de l’aventure. Il se sentait tellement inutile à attendre dans sa chambre… Il n’avait même pas envie de voir Jacko ; le temps aurait pourtant filé plus rapidement en compagnie de son ami.
Il parcourut plusieurs kilomètres en joggant durant la semaine, évacuant ainsi son impétuosité et faisant une course contre Super félin (qui disposait d’un net avantage, n’éprouvant ni fatigue ni essoufflement). Mais l’exercice ne lui procurait qu’un apaisement relatif, car il croisait de plus en plus d’ombres sur son chemin, peu importe le trajet emprunté ou l’heure du jour. Il n’y avait plus de doutes possibles sur la croissance de la noirceur. Elle était partout. Les ombres ne se contentaient d’ailleurs plus d’accompagner des vivants ; elles se promenaient seules au grand jour, comme si ce monde leur appartenait. Si le commun des mortels ne pouvait pas les voir, tout le monde ressentait en revanche un malaise indéfinissable lorsqu’elles étaient à proximité. Les voisins, les passants, les inconnus ou les connaissances, tous paraissaient plus méfiants, sur leur garde. Une plus grande quantité de crimes mineurs étaient commis, plus de cas de rage au volant étaient signalés, et même la température était triste et souvent orageuse, comme si le beau temps lui-même luttait pour traverser toute cette grisaille. Les animaux, bons premiers à percevoir les changements, montraient soit des signes de panique, soit une agressivité exacerbée. Elliott tentait de se convaincre qu’il n’avait aucune raison d’avoir peur, puisqu’il possédait le Joyau, mais en réalité, il ressentait fréquemment une impression de danger imminent.
Il évitait aussi de regarder le journal télévisé, car il y apercevait de plus en plus souvent des ombres en plein délit. La veille, le reporter commentait un terrible carambolage sur l’autoroute ; en arrière-plan les ambulanciers s’affairaient à secourir un blessé et Elliott avait alors vu plusieurs ombres s’approcher du corps, comme autant de vautours attirés par une dépouille. Les ombres avaient semblé se jeter sur le blessé et soudainement, les ambulanciers s’étaient mis à s’activer, l’un courant chercher son équipement pendant que le corps du blessé se cabrait. Elliott avait les yeux rivés sur la télévision, atterré, témoin impuissant de l’horreur. Une douce lumière avait commencé à émaner de l’homme tandis que les ambulanciers lui appliquaient les électrodes sur la peau. Elliott discernait mal les humains dans ce dense nuage d’ombres, mais il les voyait tout de même tenter de secourir le pauvre bougre. La lumière continuait de s’échapper en filet, mais au lieu de s’élever comme elle avait commencé à le faire au départ, elle se répandait, comme un nuage de farine sous la poussée d’un ventilateur. Le garçon avait subitement compris que le cercle d’ombres aspirait la lumière de l’homme. Deux esprits de la lumière se tenaient tout près, observant avec désarroi ; ils ne voyaient pas les ombres et ne comprenaient sans doute qu’à moitié ce qui se passait. Elliott voulait leur crier d’agir, de se jeter dans la mêlée, de… de… d’essayer n’importe quoi. Mais évidemment, son intervention ne servait à rien et bientôt, les ombres s’étaient éloignées. Et les ambulanciers, la tête basse, s’étaient dirigés vers le prochain blessé. L’homme gisait, gris comme de la cendre. Et Elliott, pâle comme la mort, ne pouvait détourner son regard. Dès lors, il s’était intensément consacré à son entraînement et s’était promis de ne plus ouvrir la télévision à l’heure du journal télévisé.
* * *
Même si elle savait qu’il ne s’agissait pas d’un voyage de plaisance, Daphnée s’autorisa à savourer le chaud soleil qui caressait sa peau, ainsi que le décor différent et coloré qu’elle découvrait. Dès sa descente de l’avion, elle s’était sentie agréablement dépaysée. Bien entendu, Cuzco était une grande ville et toutes les grandes villes se ressemblaient un peu : si on trouvait de la marchandise locale, on y trouvait aussi bon nombre de chaînes internationales présentes dans toutes les grandes villes. N’importe quelle autre jeune fille se serait laissée emporter par un peu de frivolité, l’envie de faire les boutiques et d’essayer des vêtements, mais pas Daphnée. Elle était venue avec un but bien précis en tête et rien ne la détournerait de sa mission tant que celle-ci ne serait pas achevée.
Elle ne profita même pas de la soirée à Cuzco pour faire du tourisme, mais chercha plutôt de l’information sur Písac, n’importe quoi pouvant accélérer ses recherches une fois là-bas. Elle consulta des livres, des pamphlets touristiques et des cartes de la région, mais sa compréhension limitée de la langue lui nuisait sérieusement. Le lendemain matin, ils attrapèrent l’autobus le plus matinal, si bien qu’ils arrivèrent à Písac avant le déjeuner. Affamés, ils avalèrent rapidement un plat typique au charmant marché, le père de Daphnée en profitant pour exercer ses quelques notions d’espagnol apprises peu avant le voyage. Les regards amusés des Péruviens en disaient long sur son accent épouvantable, mais les résidents appréciaient l’effort et se montraient doublement accueillants. Le temps de dénicher un gîte pour la nuit, l’après-midi était trop avancé pour entamer la montée vers les ruines ; pas d’autre choix qu’attendre au lendemain. La jeune fille pestait contre ce nouveau délai, mais dut néanmoins faire contre mauvaise fortune bon cœur.
La famille s’offrit un tour de ville guidé (auquel Daphnée ne fut pas attentive, perdue dans ses pensées), goûta d’autres spécialités locales, arpenta paresseusement les rues de la petite ville et rejoignit finalement l’hôtel pour la nuit. En se couchant, Daphnée se sentait fébrile et bien trop excitée pour dormir. Demain, l’expédition commencerait véritablement. Elle était à l’aube d’un moment décisif. Joie et crainte faisant un drôle de ménage, elle ne réussit à s’endormir que longtemps après ses parents.