

Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les incidents sont soit le produit de l’imagination de l’auteure, soit utilisés de manière fictive, et toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées, à des établissements d’affaires, à des événements ou à des lieux spécifiques n’est que pure coïncidence.
Copyright © 2013 Shawn K. Stout
Titre original anglais : Not-So-Ordinary Girl: Don’t Chicken Out
Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française
Cette publication est publiée en accord avec Aladdin, une division de Simon & Schuster, Inc., New York, NY.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Traduction : Jo-Ann Dussault
Révision linguistique : Isabelle Veillette
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Illustration de la couverture : © 2013 Victoria Ying
Illustrations de l’intérieur : © 2013 Victoria Ying
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89752-855-3
ISBN PDF numérique 978-2-89752-856-0
ISBN ePub 978-2-89752-857-7
Première impression : 2015
Dépôt légal : 2015
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Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc.
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Stout, Shawn K.
[Not-so-ordinary girl. Français]
Une fille pas si ordinaire
Traduction de : Not-so-ordinary girl.
Sommaire : t. 3. Ne fais pas la poule mouillée.
Pour enfants de 8 ans et plus.
ISBN 978-2-89752-855-3 (vol. 3)
I. Dussault, Jo-Ann. II. Stout, Shawn K. Don’t chicken out. Français. III. Titre. IV. Titre : Not-so-ordinary girl. Français. V. Titre : Ne fais pas la poule mouillée.
PZ23.S76Fi 2015 j813’.6 C2014-942693-3

Diffusion
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France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
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Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
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À Rosie


Fiona Finkelstein était carrément épuisée. C’était toujours ainsi quand elle parlait à des adultes. Surtout quand leur réponse était Pas question, Oublie ça, tu peux toujours rêver. Depuis quelque temps, c’était souvent leur réponse.
Ce n’était pas le « non » en soi qui était si désagréable. C’était tout ce qui accompagnait toujours ce refus.
Par exemple, ce matin, quand Fiona avait demandé à son père s’ils pouvaient avoir un vrai singe vivant nommé monsieur Rigolo qu’elle pourrait garder dans sa chambre, son père ne s’était pas contenté de dire non. Il s’était lancé dans une longue tirade sur le fait que les singes ne sont pas des animaux de compagnie, qu’ils doivent vivre dans la jungle et que, parlant de jungle, avait-elle fait le ménage dans sa chambre ? Mais ce que Fiona aurait bien voulu savoir, c’était pourquoi tout était toujours ramené au désordre dans sa chambre.
Même quand elle le souligna à son père, il répondit :
— Eh bien, si tu rangeais ta chambre plus souvent, nous ne serions peut-être pas obligés d’en parler tout le temps.
— Et je pourrais ensuite avoir un singe ?
— Oublie ça.
À l’école, elle se faisait aussi dire non.
— Pourrions-nous faire un voyage en Californie ? demanda Fiona à son enseignant, monsieur Bland.
Ils venaient de commencer à parler de la ruée vers l’or en Californie dans le cadre du cours de sciences sociales quand Fiona fit cette suggestion.
— Bien sûr, dit monsieur Bland. Nous pouvons partir demain.
Seulement, il ne le dit pas sur un ton qui voulait dire Fiona-tu-es-un-génie-et-c’est-la-meilleure-idée-que-j’aie-jamais-entendue.

— Jarnicoton ! s’exclama Harold Chutney, qui, apparemment, ne comprenait pas que monsieur Bland avait en fait répondu « pas question ».
— Il est sarcastique, précisa Milo Bridgewater. Ils ne vont jamais laisser la classe aller en Californie.
— Pouvons-nous revenir à la ruée vers l’or ? demanda monsieur Bland. Si ça ne vous dérange pas.
Milo leva sa main et dit :
— Pourquoi nous ne faisons jamais de sorties ? À mon ancienne école, dans le Minnesota, nous allions tout le temps au parc et au lac.
Ce n’est pas le Minnesota, ici, faillit rétorquer Fiona à voix haute. C’est Ordinaire, dans le Maryland. Et il ne se passe pas grand-chose à Ordinaire.
Monsieur Bland gonfla ses joues, car des mots méchants commençaient à remplir sa bouche. Et voici ce qui arrivait avec les mots méchants : ils voulaient sortir. Mais les lèvres de monsieur Bland devaient être plutôt fortes parce qu’il garda ces mots à l’intérieur de sa bouche jusqu’à ce qu’il soit capable de les avaler. Et quand ses joues se dégonflèrent, il se racla la gorge. Puis, il dit :
— En fait, nous allons aller quelque part.
Toute la classe cria en même temps :
— Où ?
Fiona s’agrippa à chaque extrémité de son pupitre et elle attendit.
Monsieur Bland sourit et dit très lentement, car il aimait voir les enfants souffrir :
— À. La. Grande. Foire. D’Ordinaire.
Fiona retira ses mains de son pupitre. Elle croisa ses bras sur sa poitrine. Ce n’était même pas proche de la Californie.
Les autres avaient dû faire la même constatation, car il y eut beaucoup de grognements et de protestations de part et d’autre.
— J’imagine que personne ne veut savoir quel rôle vous allez jouer à la foire de cette année ? s’enquit monsieur Bland.
— Moi, je veux, dit Milo.
Tout le monde devint silencieux après cela et monsieur Bland annonça :
— Chaque année, notre école participe à la Grande Foire d’Ordinaire d’une quelconque manière. C’est une manière agréable de faire partie de notre communauté.
— Ça pourrait être amusant, déclara Milo en regardant Fiona pour voir si elle approuvait.
Fiona mordilla son Crayon de réflexion. La foire n’avait peut-être rien à voir avec un voyage en Californie, mais cela pourrait tout de même être amusant, tant qu’ils pourraient être responsables des jeux, des manèges ou même du terrain de stationnement. Tout sauf…
— Les cartes du site, annonça monsieur Bland. Notre classe a la responsabilité de distribuer les cartes du site.
Fiona maugréa.
— Pas les cartes ! C’est aussi désagréable que déchirer les billets d’entrée.
C’était ce qu’elle avait dû faire l’année précédente. Elle n’avait cessé de se faire des entailles aux doigts.
— Je ne veux entendre personne se plaindre, ordonna monsieur Bland.
— J’aime les cartes, affirma Harold.
— Pas celles-là, dit Fiona. Ce ne sont pas des cartes au trésor, tu sais.
Harold enfonça un doigt dans son nez.
— Oh.
— Et les préposés au stationnement ? demanda Fiona. Est-ce que quelques-uns d’entre nous ne pourraient pas être préposés au stationnement à la place ?
— Madame Weintraub, de la classe de cinquième année, s’en occupe.
— C’est injuste.
— Ça suffit, intervint monsieur Bland. Revenons à la ruée vers l’or.
Dans la cafétéria, Fiona ne faisait que penser à la Californie. À la façon dont elle pourrait s’y rendre. À la façon dont elle pourrait revoir sa mère. La mère de Fiona était une actrice qui travaillait en Californie et, ces derniers temps, Fiona voyait davantage sa mère à la télévision que dans la vraie vie. Et cela ne fonctionnait pas.
Sans même réfléchir, Fiona prit une bouchée du sandwich au jambon blanc que madame Miltenberger avait mis dans son sac-repas. Elle alla même jusqu’à la mastiquer et à l’avaler.
Sans crier gare, sa meilleure amie agita sa main devant son visage.
— Allô ? dit Cleo Button.
— Hein ?
Le cerveau de Fiona revint dans la ville d’Ordinaire. Elle avala sa salive. Pourquoi avait-elle ce goût affreux dans la bouche ?
— Qu’est-ce qui te prend ? demanda Cleo.
Fiona écarta les tranches de son sandwich et examina ce qu’il contenait.
— Beurk ! Du jambon blanc.
Elle avala d’un trait son verre de lait pour chasser le goût du jambon.
Cleo fit craquer ses jointures.
— Ta mère va peut-être venir ici.
Milo et Harold foudroyèrent Cleo du regard de façon vraiment très foudroyante parce que le fait que la mère de Fiona vivait en Californie était un sujet douloureux depuis quelque temps. Ce que Cleo avait apparemment oublié.
— Désolée, murmura Cleo.
Fiona donna son sandwich à Harold.
— Je vais peut-être simplement aller moi-même en Californie.
Harold et Milo éclatèrent de rire.
— Très drôle, commenta Cleo.
Fiona sentit ses joues rougir.
— Qu’y a-t-il de si drôle ? Je pourrais aller en Californie. Je pourrais.
— Bien sûr, dit Milo.
— Je suis sérieuse, insista Fiona. Je pourrais.
Harold mordit dans le sandwich de Fiona et il affirma la bouche grande ouverte :
— Mamie dit qu’on peut accomplir n’importe quoi si on le veut vraiment.
Fiona hocha la tête et sourit.
— Vous voyez ?
Puis, elle couvrit la bouche de Harold avec sa main.
— C’est dégoûtant, Harold.
Harold avala sa bouchée et il repoussa sa main.
— Mais elle n’approuverait jamais que tu ailles toute seule en Californie.
Fiona rouspéta.
— Très bien.
Milo intervint.
— Tu n’as jamais pris l’avion, n’est-ce pas ?
— Qu’est-ce que ça peut bien faire ? répondit Fiona.
— Les enfants n’ont pas le droit de monter seuls à bord d’un avion s’ils ne l’ont jamais pris avant, expliqua Milo. C’est la règle.
— Je n’ai jamais entendu parler de cette règle, commenta Cleo.
— Tu l’inventes, renchérit Fiona.
— Non, répliqua Milo. Mon frère m’en a parlé. Et il est en secondaire 5, alors il le sait.
— Fiona est déjà montée à bord d’un avion, souligna Harold. Vous vous rappelez la fois où nous sommes allés au musée de l’aviation, l’année dernière, et que nous sommes allés dans la cabine de pilotage ?
— Tu ne m’aides pas, Harold, se contenta de dire Fiona.