Merci à Laura, qui m’a fait entrer dans la fête en catimini.
Merci aussi à Christina et Claire, qui étaient
toujours là pour remplir mon verre.
Sam éteignit et remonta à l’étage. Elle mourait d’envie d’appeler Mike, mais elle ne savait pas s’ils continuaient à jouer le jeu, si elle avait le droit de parler du fait qu’il les avait regardés tout ce temps…
Son pouls battait la chamade en entrant dans la chambre à coucher : dans sa gorge, dans sa poitrine, et encore entre ses jambes, à cause de Bern. Quand son regard croisa celui de Mike, son cœur se figea. Il était appuyé contre la porte de la salle de bain, vêtu d’un jean et d’un t-shirt, une expression intense et concentrée qu’elle ne pouvait pas déchiffrer.
Dis quelque chose. S’il te plaît.
Il ne dit rien. Elle n’osait pas sourire ou dire un mot, elle se tenait juste à l’intérieur de la porte, les mains jointes devant elle. Après une longue pause, il s’approcha. Il s’arrêta devant elle, le visage toujours impénétrable, son regard la scrutant de haut en bas.
— J’aimerais que tu dises quelque chose, murmura-
t-elle en brisant toute illusion dont il pourrait jouir. J’ai besoin de savoir comment tu te sens.
Il ne répondit toujours rien. Ses mains se levèrent plutôt, ses doigts s’enroulèrent dans les cheveux de Sam et quand il l’embrassa, il semblait mesurer 30 cm de plus que l’homme qui venait de partir, sa bouche emportant tous les souvenirs du corps et du contact de Bern.
Si elle s’était attendue à quelque chose de son premier baiser avec Mike dans le sillage des évènements de la nuit, c’était un sentiment de besoin. D’incertitude. Mais il y avait une possession pure et féroce dans les coups de sa langue et la pression de ses lèvres. Elle lui enlaça les épaules et accepta le baiser. S’y abandonna.
Il mit fin au baiser fusionnel après une longue minute. La surprise avait étouffé tout ce que Sam avait ressenti en batifolant avec Bern, mais quand Mike s’éloigna, tout le désir chaud et insoutenable revint d’un coup, une fièvre consommant son corps encore une fois.
Il lui prit la main, frotta ses doigts et regarda son alliance. D’un ton calme et neutre, il dit :
— Merci.
Elle ne put retenir un sourire de soulagement.
— De rien. Est-ce que tu t’es senti comme tu espérais ?
Il la conduisit vers le lit et ils se couchèrent face à face, les genoux serrés. Il lui caressa les cheveux et s’adressa à sa clavicule ou sa gorge.
— C’était… ça ressemblait à tout ce que je ressens quand nous en parlons, mais fois 100.
— Ce n’était pas trop ?
— Ce n’était pas facile. La jalousie fait toujours mal. Ça m’a blessé plus profondément que je ne l’aurais imaginé, cette fois.
Elle fronça les sourcils, une douleur tordant sa poitrine.
— Mais la façon dont la jalousie m’excite, c’était tout aussi intense. Seigneur…
Il rit et secoua la tête, n’ayant aucune idée de la façon dont articuler ses pensées.
— Dis-moi juste que tu ne le regrettes pas.
Il secoua de nouveau la tête, puis se pencha pour l’embrasser, délicatement cette fois. Un baiser doux et bref.
— Je ne regrette pas une seconde. Toi ?
— Seulement si ç’avait été le cas pour toi. Donc non.
Rassurée, Sam se détendit. Elle n’avait pas l’endurance émotionnelle pour se lancer de nouveau dans le jeu de rôle, et elle sentait que Mike non plus. Elle voulait qu’il soulage la douleur lancinante que Bern avait laissée dans son corps, mais seulement d’une manière authentiquement Sam-et-Mike. Sans aucun jeu.
— Alors, quelle était la partie la plus excitante pour toi ? demanda-t-elle en traçant la ligne que faisait son bras contre ses côtes.
— Les trucs que vous avez dits. Le simple fait de voir un autre homme te toucher. Tous les trucs bizarres qui me font perdre la tête. Te regarder profiter d’un autre mec, apprécier ça plus qu’avec moi, ou faire comme si.
— Alors nous avons fait du bon boulot ?
Un autre rire, franc, plein d’incrédulité.
— Oh, vous avez fait un excellent travail. Je ne lui dirai jamais en face, mais il est vachement bon à ce jeu. J’ai l’impression que nous devrions le payer, ou quelque chose du genre.
— Ouais, j’ai été très impressionnée, moi aussi.
Mike sourit sournoisement.
— Qu’est-ce qui t’a impressionnée aussi ?
Il lui caressa le côté d’un sein, réchauffant sa peau. Il voulait continuer un peu leur jeu, mais heureusement, elle n’avait besoin de rien prétendre.
— Je pense qu’il est vraiment attirant, expliqua-t-elle.
— Il embrasse bien ?
— Ouais. Différent de toi, mais bien. C’était étrange, d’être avec quelqu’un de nouveau après cinq ans.
Elle priait pour que Mike ne veuille jamais une chance semblable ; elle refuserait de lui en accorder une, peu importe que ce soit hypocrite.
— Le fait qu’il ne me connaisse pas aussi bien que toi et que je ne sache pas ce qu’il aime était plutôt séduisant.
Mike se laissa glisser vers le bas sur le lit et approcha sa bouche de son décolleté, ses mots réchauffant sa peau entre ses baisers.
— Et quand il t’a fait un cuni ?
— Différent, mais c’était vraiment bien. Puis-je être honnête avec toi ?
— Bien sûr.
— J’ai simulé.
Ses baisers paresseux s’arrêtèrent quelques secondes.
— C’est vrai ?
— Oui. C’était bien, mais il ne connaît pas mon corps comme toi et je n’avais pas l’impression que le scénario était propice à ce que je lui donne des conseils, tu vois ? J’ai pensé que ce serait mieux de faire comme s’il était parfait. Je pensais que c’était ce que tu voulais.
— Alors, il ne t’a pas fait jouir ?
— Non. Mais c’était vraiment excitant. Je ne faisais pas semblant d’aimer ça.
Il devint silencieux et elle caressa ses cheveux, attendant qu’il termine de réfléchir. Elle le connaissait bien et savait que peut-être trois fois par semaine, il passait par le même processus de pensée. Elle voyait son expression se fixer tandis qu’il considérait un choix qu’il devait faire ou une nouvelle difficile à digérer, qu’il réfléchissait à un changement de situation et décidait comment il se sentait à ce propos.
Au bout d’une minute de silence, la curiosité de Sam prit le dessus sur sa patience.
— Est-ce décevant, ou un soulagement, ou bien…
— Je suppose que le bon terme serait soulagement. Ou bien, je ne sais pas… fierté. J’aime savoir qu’il ne peut pas te donner du plaisir comme moi je le peux. Pas tout de suite, en tout cas.
— Bien sûr qu’il ne peut pas. Tu perfectionnes cet art depuis des années.
— Tant que c’était tout de même excitant pour toi.
— Incroyablement excitant. En grande partie parce que je sentais que tu nous observais.
Elle traça son oreille, puis sa mâchoire.
— Je meurs d’envie de savoir si tu te touchais ou pas.
— Pas vraiment. J’avais la main serrée sur ma bite la plupart du temps, et j’avais vraiment envie de le faire, mais j’avais peur de jouir après trois coups et que toute la chose ne me fasse plus d’effet.
Elle sourit et lui caressa le cuir chevelu de ses ongles.
— Donc, tu as vraiment souffert tout ce temps.
— Oui, et à un point tel que ça me fait vraiment mal. Physiquement.
Elle glissa sa main entre eux pour le serrer à travers son jean. Elle le trouva bien raide et le fit durcir encore plus à l’aide de quelques douces pressions. Son propre sexe s’éveilla en réponse, le plaisir se rassemblant dans son corps comme un poing en colère. Elle était revenue au point où Bern l’avait menée, mais cette fois auprès de l’homme qui la connaissait mieux que quiconque.
— Tu voulais le regarder me baiser ?
— Ouais.
Il était distrait, sa voix était comme un souffle.
— Mais je suis content que tu ne l’aies pas fait. Pas ce soir. Mais oui, je voulais le voir.
— As-tu aimé me regarder le sucer ?
Il se déplaça et déglutit, expira lourdement contre son cou.
— Ouais. C’était aussi chaud que la conversation.
— Il est aussi gros que nous l’avions espéré.
— Je sais. J’ai aimé te voir le toucher. Le sucer. En avais-tu envie ? Qu’il te baise ?
Il parlait plus vite maintenant, le souffle plus court.
— Oui, mais pas encore, comme tu l’as dit. Mais j’aimais sa voix quand je l’excitais. Je pense que c’était la partie la plus excitante pour moi.
C’était un soulagement d’évoquer franchement l’expérience, d’en parler avec honnêteté, sans cruauté. Leur discussion lui faisait comprendre que ce fétiche était vraiment un cadeau qu’elle pouvait donner à Mike, sans que ce soit un fardeau. Elle s’aperçut qu’il y avait plus pour elle dans toute cette histoire que la simple réalisation des plus profonds désirs de Mike.
Elle lui embrassa le menton, puis murmura :
— J’ai adoré le faire gémir tout en sachant que tu regardais.
Ce serait mille fois plus séduisant la prochaine fois, sachant que Mike y prenait du plaisir. La prochaine fois…
— J’espère pouvoir le baiser, admit-elle, un sourire timide probablement audible dans sa voix.
— J’espère la même chose.
— Lui aussi. C’est ce qu’il a dit quand je l’ai raccompagné jusqu’à la porte.
Elle fit glisser la fermeture à glissière de Mike et défit son bouton, puis caressa son érection à travers ses sous-
vêtements jusqu’à ce qu’il halète.
— Tu crois que tu seras dans la même pièce la prochaine fois ?
— Je pense que nous pourrions prétendre que je vous surprends en flagrant délit. Peut-être qu’il pourrait jouer les arrogants, et vous pourriez m’obliger à regarder, comme s’il allait me montrer la manière de te baiser.
Son corps réagit fortement à l’idée, le fait que le fétiche de Mike transforme sa sexualité à elle aussi, lui rappelant qu’il devenait aussi un peu son fétiche.
— Il aimerait ça. Il veut être regardé.
— Il veut être regardé pendant qu’il baise la femme d’un autre homme.
— Nous sommes chanceux !
Mike se mit à rire.
— C’est vrai. Toi et moi, maintenant ? Ça te dit ?
Au tour de Sam de rire.
— Je pensais que tu ne me le demanderais jamais. J’en meurs d’envie.
Il quitta le lit pour se déshabiller et Sam enleva sa robe et ses sous-vêtements une fois de plus. Elle frissonna, sachant que Mike allait la trouver mouillée, et que cette fois c’était vraiment à cause d’un autre homme, comme il aimait le prétendre.
Il s’enfonça en elle d’une poussée facile et profonde. Son corps et sa voix frémirent à son contact.
— Il a fait tout ça, déclara-t-elle.
— Je sais. Avec sa bouche.
Vrai. Elle était mouillée de son propre désir, et de la salive de Bern. Mike ne lui avait jamais donné de raisons de penser qu’il voulait un contact direct avec l’homme qu’ils trouveraient pour devenir leur étalon, mais il semblait faire une fixation sur les preuves de son passage.
— Si lui et moi baisons, penses-tu que tu voudrais faire ce dont nous avons parlé ? Utiliser un préservatif féminin pour qu’il puisse, tu sais… laisser sa marque en moi.
— En théorie, oui.
Elle avait lu beaucoup sur les rituels que les amateurs de cocuage préféraient pendant le processus de reprise d’emprise. Une fois l’humiliation terminée, le mari serait submergé par des pulsions compétitives et le besoin de nettoyer sa femme de toute trace du passage de l’autre homme, remplacer le sperme de l’intrus par le sien. Même le nettoyer avec sa bouche, dans certains cas. Elle ne savait pas ce que Mike voudrait faire, mais aucune des options les plus répandues ne la répugnait. Même des actes relevant de l’humiliation ultime du mâle vaincu (telles que le fait de savourer sa propre femme sur la queue de son rival ou d’être forcé d’avaler son sperme) dont elle ne pensait pas Mike et Bern capables, l’émoustillaient.
Mais on jouait là dans la cour des grands. Ils devaient encore s’entraîner avant de tenter leur chance parmi les pros.
Elle imagina pourtant ces choses pendant que Mike la prenait. Elle observa sa bouche et se mit à théoriser sur des choses égoïstes, comme le regarder servir un autre homme. Comme l’obliger à lécher le sperme d’un autre homme entre ses jambes.
Pas si égoïste, compte tenu de ce que je fais pour lui.
De la même façon que la jalousie de Mike se transformait en excitation, les tabous agirent pour Sam comme des déclencheurs puissants. Après tout, Mike n’était jamais plus excité que lorsqu’il rêvait d’être méprisé par un rival. Peut-être qu’un jour, elle le regarderait glisser ses lèvres sur la bite d’un homme, verrait le sperme d’un autre scintiller sur ses lèvres. L’idée fit se serrer sa chatte, un changement qui n’échappa pas à Mike.
— À quoi penses-tu ?
— Juste à tout ce qui pourrait arriver, si nous allions encore plus loin. Quand nous irons plus loin.
— Dis-moi.
Il se pencha en arrière afin de taquiner son clitoris, donnant également à Sam une vue magnifique de son corps en mouvement.
Elle ne lui dirait pas exactement ce qu’elle avait imaginé. Y aller étape par étape était toujours la meilleure idée.
— Juste ce que tu pourrais faire, une fois qu’il aura terminé. Pour réaffirmer ton emprise.
— Il y a des trucs que je veux faire, mais je pense que j’aurais besoin de boire la première fois.
— Comme me faire un cuni après ?
— Ouais. Exactement. Je le veux, dans ma tête, mais ça risque de prendre quelques verres de bourbon pour que mon cerveau se taise assez longtemps pour me permettre de vraiment le faire.
— C’est à ça que sert l’alcool.
— Ce ne serait pas trop dégoûtant pour toi ?
Elle secoua la tête.
— Non, je pense que ce serait séduisant.
Les poussées accélérèrent à ces mots. Pendant quelques minutes, ils baisèrent simplement, les doigts de Mike la taquinant en suivant le tempo de ses hanches. Finalement, il rompit le silence.
— T’es-tu…
— Si j’ai quoi ?
— T’es-tu nettoyée où il… tu sais.
— Non.
Bern était toujours là, se fondant dans sa peau. Le territoire de Mike. Il ne dit rien au début, se contentant de la prendre avec une intensité plus lente, pensive. Il réfléchissait sans doute au fait que ses cuisses se pressaient sur l’endroit où un autre homme l’avait souillée. Elle caressa ses cheveux courts et doux, mourant de curiosité.
— À quoi penses-tu ?
Il grogna, l’air dépassé.
— Tu peux tout me dire.
— Je me demandais… quel goût il a.
Exactement la réponse qu’elle espérait.
— Il a probablement le goût d’un autre homme qui a souillé ta femme.
Il murmura un « Ouais ». Ses mouvements ralentirent à mesure qu’il se laissait distraire.
— Tu peux le savoir, si tu veux. Je ne trouverais pas ça répugnant.
— Non ?
— Non. J’aimerais bien que tu le fasses, en fait.
Il n’accepta pas l’invitation tout de suite. Pendant une minute encore, il lui fit l’amour à un rythme égal et pensif, tous deux pris dans l’idée qui avait été abordée. Finalement, il glissa hors d’elle sans un mot et s’installa sur le plancher, où il s’agenouilla face au lit.
— Viens ici, commanda-t-il doucement.
Elle s’avança pour balancer ses jambes par-dessus le bord du lit et pendant un long moment, il caressa ses mollets et ses cuisses, le regard flou semblant planer près de l’endroit où Bern l’avait marquée. Elle sentit qu’il avait besoin d’un petit coup de pouce, alors elle mit sa main contre son oreille, caressant, persuadant, invitant. Pourtant, il ne bougeait toujours pas. Elle décida donc de raviver le fantasme.
— Tu vas laisser un autre homme laisser sa marque partout sur moi ? questionna-t-elle tendrement, d’un ton doucement accusateur.
Il approcha son visage, cherchant un parfum, peut-être. Il embrassa sa cuisse d’abord, à cinq centimètres de l’endroit où Bern avait éjaculé. Un autre baiser, plus près, puis tout juste dessus, un coup de langue hésitant chassé par une lapée plus énergique. Sam vit la réaction de Mike. Son dos se contracta sous la tension causée par l’agréable sentiment de jalousie, ou l’agression. Elle caressa les muscles tendus, imaginant ce rituel territorial aller encore plus loin dans son esprit, la langue de Mike bannissant toute trace de son rival au plus profond entre ses jambes.
Lorsqu’il l’eut nettoyée, elle tira sur son bras et il la rejoignit sur le lit.
— Il est parti maintenant, murmura-t-elle, et il fit comme elle l’espérait, reprenant là où ils s’étaient arrêtés.
Il avait l’air sérieux et calme en la pénétrant, mais elle sourit pour lui communiquer son affection, puis l’attira vers elle pour un baiser. Si une trace de Bern s’attardait encore sur ses lèvres, elle ne pouvait pas la trouver. Quand leurs bouches se quittèrent, elle laissa ses mains continuer leur tournée, caressant les bras et le dos puissants de son mari, les paumes sur ses hanches, suivant leur ondulation alors qu’il reprenait ce qui était à lui. Seulement à lui.
— Mike.
Il gémit sa réponse, les yeux fermés.
— Je t’aime tellement.
— Je t’aime aussi.
Il semblait souffrir en le disant, mais d’une douleur heureuse. Sam mit un bras entre eux pour se caresser, avide de la libération qui mijotait en elle depuis si longtemps. Il ne lui fallut guère plus que le frottement habile de ses doigts et le spectacle de Mike qui se déroulait au-dessus d’elle pour la faire bouillir. Elle succomba à un orgasme plus profond, violent et animal que n’importe quel faux orgasme qu’elle aurait pu fabriquer de toutes pièces.
Mike garda son rythme pendant qu’elle jouissait sous lui, déterminé.
— Il n’était pas capable de me faire vivre ça, le rassura-
t-elle, la voix tremblante.
— Seulement moi.
— Seulement toi.
Peut-être que Bern pourrait apprendre à la faire jouir, mais il lui faudrait une vie entière pour qu’il commence à la connaître autant que Mike. Elle admira le corps de son mari, se disant qu’elle ne l’avait jamais senti aussi dur auparavant. Elle fit un cercle avec son index et son pouce, serrant sa queue où elle entrait en elle.
— Elle est tellement grosse.
— Ouais ?
— Bien sûr. Elle est parfaite.
Elle pouvait le lui dire maintenant, et de le faire la soulageait après avoir fait semblant. Elle était reconnaissante qu’il y ait encore place dans leur vie sexuelle pour la louange et l’appréciation. Ce serait horrible de sentir qu’elle ne pourrait jamais le regarder avec adoration quand ils baisaient, de peur de faire éclater la bulle de son fantasme.
— Tu me fais sentir énorme, quand tu me regardes ainsi.
Elle continua de regarder sa bite comme elle disparaissait encore et encore à l’intérieur de sa main et de son sexe.
Le soulagement s’épanouit en elle tandis que la brume de l’orgasme se dissipait. Elle lui avait donné ce qu’il voulait et il avait aimé autant qu’ils se l’étaient imaginé. La mascarade lui avait plu et ils étaient là, tous les deux, se suffisant l’un à l’autre. Elle relâcha sa queue pour lui prendre la mâchoire des deux mains, le regardant droit dans les yeux.
— Jouis pour moi, Mike.
— J’y suis presque.
— Bien. Je veux que tu fasses ce qu’il ne peut pas faire.
Elle voulait dire jouir à l’intérieur d’elle, nu, comme Mike le savait bien. Il était trop tôt pour dire si leur chimie à trois serait assez forte pour que Bern les rejoigne régulièrement, et qu’on lui permette cette intrusion ultime.
— Tourne-toi.
Les mains impatientes de Mike guidèrent les actions alors qu’elle se plaçait sur ses mains et ses genoux.
Seigneur, cette position lui avait manqué. C’était la position préférée de Mike avant le début de leurs jeux. Elle était parfaite pour un homme possessif. Il l’attirait à lui entre ses coups de reins, affirmant qu’il la possédait dans chaque claquement et grognement mâle. En un rien de temps, elle sentit qu’il perdait la maîtrise. Le martèlement de ses hanches la força à ouvrir les cuisses plus largement, jusqu’à ce qu’elle soit étendue sur son ventre. Mike glissa ses mains sous ses seins et jouit dans un râle sauvage.
Des baisers ponctuèrent ses respirations haletantes, mitraillant ses omoplates et sa nuque. Elle le poussa doucement et il se retourna, l’encerclant de ses bras comme ils l’avaient fait des centaines de fois auparavant. Elle sentit sa bite se ramollir au creux de son dos, sentit son cœur palpiter contre sa colonne vertébrale, sentit son sperme couler entre ses lèvres et mouiller ses cuisses. Elle sourit.
— Ai-je mentionné dernièrement quelle femme géniale tu es ? marmonna-t-il d’une voix saoule.
— Probablement. Mais tu es toujours invité à le répéter.
Il l’embrassa à la place, une ferme pression de ses lèvres sur sa tête.
Sam soupira et fléchit les orteils.
— Je suis si contente que les choses se soient bien passées.
— Moi aussi.
— Je me demande s’il a aimé.
Le rire doux de Mike réchauffa ses cheveux.
— Il avait certainement l’air de s’amuser. En plus, c’est impossible qu’il n’ait pas aimé. Il était avec toi.
— Quel flatteur tu fais !
Après une longue pause, elle ajouta :
— Je ne peux pas croire que les vacances soient déjà à moitié terminées. Bien que personne ne puisse dire que nous n’en avons pas profité.
— Tu sais ce que je pense ? demanda Mike, se déplaçant afin qu’elle puisse se retourner et lui faire face.
Elle lui embrassa le menton.
— Que pensez-vous, détective Heyer ?
— Je pense que tu devrais lui téléphoner demain. Ou lui envoyer un courriel. Voir s’il est libre ce samedi soir.
— Je serais extrêmement insultée s’il avait une meilleure offre.
— Mieux que nous ? Impossible.
Son ton confiant la fit sourire.
— Il faut juste vérifier. Je vais le lui demander demain.
— Tu sais à quoi d’autre je pense ? demanda-t-il, la voix basse et séduisante.
— Quoi donc ?
Il lui embrassa le nez.
— Je pense que nous devrions commander une pizza.
Je meurs de faim.
Le jeudi en fin de matinée, Bern sentit son cellulaire bourdonner dans sa poche. Lorsqu’il était au travail, les appels ou les SMS faisaient vibrer sa hanche une dizaine de fois par jour et jusqu’ici, il n’avait pas été du genre à laisser tomber ce qu’il faisait pour vérifier qui tentait de le joindre. Il posa au sol la lourde bobine de câble enroulée sur son épaule. Une petite enveloppe lui fit un clin d’œil sur son écran. Il l’ouvrit, le pouls battant dans sa gorge. Un sourire plein d’espoir déforma ses lèvres quand il vit le nom de Sam en haut du message, mais il le réprima. Pas besoin qu’un collègue le voie et lui demande quelle fille avait manifestement mis un tel sourire d’imbécile heureux sur son visage.
Bonjour, lut-il. Merci pour hier soir. Nous avons tous les deux passé un bon moment, et nous nous demandions si tu serais libre pour venir nous voir ce samedi, vers 20 h ? Dis-moi !
Il cliqua sur répondre.
Bonjour à toi. Samedi à 20 h, c’est parfait. Au bar, ou chez vous ? Dis-moi si je dois apporter quelque chose.
Vin, préservatifs, Caméscope, etc.
La réponse se fit attendre une minute à peine et il se força à réprimer un autre sourire.
Juste ta charmante personne. Rendez-vous chez nous à 20 h. Envoie-moi un courriel si tu as besoin d’indications.
Bern, distrait par ce qui était susceptible de se passer le samedi suivant, vit le reste de la journée passer dans un brouillard rempli d’images de débauche. Il s’était réveillé épuisé, et pas simplement du fait d’avoir sauté le dîner, fricoté avec la femme d’un étranger, gagné son lit tard et commencé sa journée de travail à sept heures. Au moment où il était rentré chez lui, tout le soulagement tiré de son orgasme avait disparu et il s’était retrouvé bien éveillé, rejouant les évènements dans son esprit et théorisant sur ce qui pouvait arriver par la suite jusqu’après minuit. Il s’était masturbé avec l’enthousiasme embarrassant et sans bornes d’un adolescent.
Maintenant il restait, quoi ? Cinquante-huit heures avant qui-sait-quoi. S’il réussissait, qui-sait-quoi consisterait à profiter encore une fois du magnifique corps de Sam et à se faire gâter non seulement par son attention et l’attention théorique de son mari invisible, mais peut-être même par un auditoire réel, vivant et visible. Mieux que n’importe quel miroir, et beaucoup plus sûr qu’une vidéo mise sur Internet. Bien qu’il n’ait jamais pensé qu’il apprécierait de baiser la femme d’un d’autre sous les yeux de son mari, ces derniers temps, c’était tout ce à quoi il pouvait penser. Peut-être que Sam et lui étaient semblables à cet égard : ils s’étaient laissés charmer par le fétiche de son mari comme par une chanson accrocheuse, ou comme l’envie irrésistible d’une certaine nourriture une fois qu’on en sent l’arôme. Il avait l’impression d’être sous le coup d’un sortilège tordu dont il ne pourrait se libérer tant que le souhait n’aurait pas été accordé et la curiosité, satisfaite.
Cinquante-huit heures, pensa-t-il en posant le câble sur son épaule. Dans 58 h, tous ses fantasmes pourraient se réaliser. Jusque-là, il serait comme un gamin la veille de Noël, mourant d’impatience, attendant de descendre les marches et de déchirer l’emballage de ses cadeaux.
La semaine de travail allait être bien longue.
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Sam toucha à peine son repas du samedi soir. Elle avait cuisiné de la soupe au poulet, et elle l’avait préparée tôt pour qu’ils aient le temps de digérer. Elle avait utilisé moins de sel que d’habitude pour ne pas se sentir gonflée et avait opté pour cette recette parce qu’elle promettait de ne causer ni gaz ni somnolence. Elle passa pourtant une grande partie du repas à laisser tomber la soupe de sa cuillère dans le bol. À peine une demi-portion parvint à franchir ses lèvres. Mike glissa sa main sur le comptoir à petit-déjeuner pour prendre la sienne. Elle pensait qu’il regardait les nouvelles derrière elle à la télévision, mais quand elle leva les yeux, il semblait préoccupé.
— Tu vas bien ?
— Mais oui. Je suis nerveuse, mais un bon genre de nervosité. Je suis excitée.
Elle repoussa le bol. Il y avait trop de papillons dans son estomac, pas de place pour la soupe.
Mike quitta son côté du comptoir pour fouiller dans le congélateur. Il ferma la porte et lui tendit un sandwich à la glace. Elle ne put que sourire.
— Merci.
— Il faut garder tes forces.
La glace avait meilleur goût que la soupe : décadente, pour rester dans la thématique de la soirée. De la soupe au poulet… À quoi avait-elle pensé ? C’était bien mieux de garder la nourriture réconfortante pour les jours de grippe. Dans quelques heures, elle coucherait avec un étranger, pendant que son mari regarderait. Pourquoi diable s’en faisait-elle avec les gaz et les ballonnements ? Elle lécha le sandwich et creusa des rainures dans les côtés, comme elle le faisait quand elle était enfant. Assez profond pour que les biscuits au chocolat puissent être scellés ensemble, comme un ravioli. Seulement alors s’autorisa-t-elle à croquer dedans pour apprécier les deux textures mélangées.
Mike fit la vaisselle et rangea les restes, donnant à Sam le luxe de prendre une longue douche. Elle en profita pour se frotter, se raser et s’exfolier dans tous les recoins. Chacun de ces recoins figurait sur le menu personnel de Bern pour la soirée.
Elle utilisa la lotion luxueuse que sa mère lui avait offerte pour son anniversaire, certainement pas dans ce but. Celle-ci sentait bon, comme la vanille et le rhum. Le dessert de Bern, pensa-t-elle en branchant sa brosse électrique. Elle fit briller ses cheveux autant qu’elle l’aurait fait pour un mariage. Ironique, quand les seuls vœux impliqués dans les festivités de ce soir étaient ceux qu’elle et Mike avaient prévu de profaner.
— Tu es magnifique.
Elle sursauta au son de sa voix, puis rit d’elle-même d’avoir les nerfs aussi à vif. Elle rangea la brosse et croisa le regard de Mike dans le miroir.
— J’ai pensé faire un effort.
Mike entra et s’appuya sur le comptoir pendant qu’elle se maquillait.
— Puis-je t’apporter un verre de quelque chose ?
— Oh mon Dieu, oui. S’il te plaît. Du vin. Un grand verre.
Il rit et disparut, puis revint avec sa commande. Sam prit une gorgée et termina d’appliquer son mascara. Elle arracha un poil de sourcil égaré. Mike la suivit quand elle se rendit dans la chambre. Il s’assit sur le lit et la regarda s’habiller. Sam opta pour des sous-vêtements bleu foncé et une robe décontractée, argentée, perlée le long du buste. Elle essaya quelques bijoux, puis arrêta son choix sur un collier de perles noires. Plus son alliance, bien sûr, qu’elle fit scintiller sur son ourlet.
— Ça te prenait autant de temps pour nos rendez-vous ?
Aucune jalousie n’aiguisait le ton de Mike, juste une touche de plaisanterie.
— Oui. Plus, en fait, j’utilisais encore la cire à l’époque.
Il se leva et s’approcha pour faire courir ses paumes de chaque côté de sa femme.
— Putain, tu es vraiment magnifique.
Elle lui sourit, puis lissa son t-shirt le long de ses épaules fermes et caressa ses bras. Si son mari aimait les jambes, elle adorait les bras.
— Qu’en est-il de toi ? demanda-t-elle. Tu faisais quelque chose de spécial pour moi quand nous nous fréquentions ?
— Multiplier les séries au gymnase, est-ce que ça compte ?
— Oh mon Dieu, oui.
Elle serra ses biceps, ce qu’elle préférait dans sa superbe silhouette.
— Alors, oui.
— Quelle heure est-il ?
Mike vérifia son téléphone cellulaire.
— Vingt minutes.
— Ouh.
Elle secoua ses mains et poussa une profonde respiration, souhaitant que son excitation reste à un niveau gérable. Elle ne devrait pas être aussi énervée. Après la dernière fois, elle savait que Mike aimait vraiment la mise en scène, comme elle. Comme Bern. Mais tout de même…
— Seigneur, je suis nerveuse.
— C’est bien. Fais comme si l’idée que je rentre et te surprenne avec lui te rendait nerveuse.
— Bonne idée.
Elle redressa les épaules.
— C’est ce que je vais faire.
Ce soir, Mike se cacherait une fois de plus dans une salle de bain, mais ce serait la salle d’eau dans le hall du rez-de-chaussée. Une fois que Bern serait là et que les choses deviendraient plus chaudes, il monterait à l’étage et regarderait un peu avant d’annoncer sa présence. Ou avant que Sam fasse semblant de le repérer, prise en flagrant délit… Quiconque trouverait le courage d’abolir le quatrième mur en premier.
Ils se dirigèrent vers le salon et Mike se versa un bourbon. Sam fut tentée de vider son verre et d’en prendre un autre, mais Bern voudrait sans doute un petit quelque chose pour se détendre et si elle l’imitait, elle serait trop enivrée et risquait de tomber en enlevant sa robe. Ou de glisser et de se cogner la tête sur le coin de la commode, laissant Bern et Mike faire connaissance de façon très maladroite en attendant l’ambulance.
À 20 h 02, la sonnette retentit.
Toute la détente que Sam avait trouvée dans son verre de vin s’enfuit comme un oiseau effrayé.
Mike l’embrassa sur la joue.
— À bientôt.
Il se dirigea vers la salle d’eau, la laissant vaciller sur ses talons comme une hôtesse mal préparée. Elle se dirigea vers l’entrée, mais s’arrêta devant le miroir pour vérifier que ses dents n’avaient pas de traces de vin. Que devait penser Mike de tout le bruit qu’elle faisait ?
Le coup frappé à la porte lui vida l’esprit. Sam alla répondre dans un état de calme étrange. La porte s’ouvrit, et il était là.
Doux Jésus.
Avait-on jamais vu un homme si beau en jean et chemise de travail, les cheveux ébouriffés, le visage mal rasé ? Des fleurs et une bouteille de vin l’accompagnaient.
Elle sourit et accepta les tulipes.
— Bonsoir. Merci.
— Bonsoir.
Maintenant, entre avant qu’un voisin te voie me courtiser.
Bern fit comme son cerveau l’en suppliait et elle verrouilla derrière lui.
— Tu es très belle.
Il ne perdit pas de temps et se pencha pour l’embrasser, un baiser lent et séduisant. Une chaleur se déplaça en elle quand elle goûta sa bouche. L’envie serpentait dans le creux de son ventre, capiteuse. Après s’y être abandonnée un instant, elle réussit à quitter l’emprise de Bern. Elle prit le vin. Son corps était tiraillé dans deux directions opposées : l’excitation et l’anxiété. Sam sentit toutefois ses nerfs se calmer. Elle avait sous-estimé la capacité de cet homme à faire ressortir son côté sensuel, langoureux.
— Veux-tu un verre ? demanda-t-elle en soulevant la bouteille.
— Bien sûr, accepta-t-il en la suivant dans la cuisine avant de désigner la bouteille d’un geste.
— Laisse-moi faire.
Elle trouva le tire-bouchon et deux verres, puis s’occupa d’arranger les fleurs dans un vase. Elle murmura :
— Il est dans la salle d’eau au rez-de-chaussée.
Bern hocha la tête et glissa son verre sur le comptoir, se penchant sur ses coudes.
— Alors. Quand est-il censé rentrer ?
Ça y est.
— Pas avant deux bonnes heures.
L’air satisfait, il trinqua en cognant son verre contre le sien.
— Ça fait des siècles que je n’ai pas reçu de fleurs.
— C’est dommage.
C’était faux. Mike lui avait envoyé des roses au travail moins de deux semaines plus tôt, pour célébrer une petite promotion qu’elle avait obtenue. Il en avait eu pour son argent, cette nuit-là…
— Voilà des siècles qu’il ne m’a rien offert.
Elle regarda Bern droit dans les yeux et dégusta son vin.
— Peut-être que je peux rattraper certains de ces manques ce soir.
— Peut-être.
Elle lui fit un sourire coquin, son anxiété complètement disparue. Elle aurait aimé qu’il porte une cravate pour qu’elle puisse l’attirer par-dessus le comptoir et l’embrasser. Non que Mike puisse voir. Étudiant les épaules et la poitrine de Bern à travers son t-shirt, une vague de gratitude balaya Sam, la laissant momentanément confuse. Elle aurait des relations sexuelles avec cet homme. Certains maris pouvaient gâter leur femme avec une journée au spa, mais elle avait le droit de profiter du corps d’un autre homme. Un corps magnifique. Une escapade de week-end plus attrayante et décadente qu’elle pouvait imaginer.
Bern mit de côté son verre tandis qu’elle contournait le comptoir. Elle passa une main sur son bras et but son vin de l’autre.
— C’est excellent, remarqua-t-elle, reluquant Bern sans gêne.
— Il est chilien.
Elle sourit. Aucun des deux ne croyait vraiment qu’elle parlait du millésime. Les paumes chaudes de Bern glissèrent le long du flanc de Sam jusqu’à ses hanches. Même leur largeur l’excitait.
— Tu es vraiment belle.
— Merci. Un peu trop bien habillée, peut-être.
— Ça ne me dérange pas.
Son regard impatient balaya le corps de Sam.
— Tu as l’air d’un cadeau attendant d’être déballé.
Il avait exactement l’air de ce qu’il était : un électricien envoyé pour la reconfigurer avec ses mains rudes et capables.
Leurs bouches se touchèrent, celle de Sam, avide, et celle de Bern, affamée. Elle sentit qu’il lui enlevait son verre de vin et l’entendit cogner contre le comptoir, puis Bern l’entraîna en arrière dans le couloir.
Entre ses coups de langue intenses, il grogna :
— Putain, tu sens tellement bon.
Elle lui serra les bras.
— J’adore te toucher.
— Il est dans la salle de bain ? murmura-t-il, juste contre sa bouche.
— Celle dans le couloir.
Il la conduisit là-bas, la poussa contre la porte fermée, faisant trembler les deux centimètres de bois qui les séparaient de Mike. Oh putain, faites que le loquet tienne le coup.
Elle lui racla le dos de ses ongles et poussa un gémissement haletant pour le plaisir des deux hommes. La longueur de son corps pressé contre le sien, ses lèvres trop hautes pour qu’elle les embrasse, mais sa gorge un substitut bienvenu, comme l’était cette sensation agréable d’être enveloppée. Elle ne sentit ni eau de parfum ni après-rasage, juste sa peau et une infime trace de sueur. Les doigts de Bern étaient dans ses cheveux, sa bouche au-dessus de sa tempe, assez près pour que ses soupirs déchirés lui réchauffent le cuir chevelu.
— J’ai pensé à toi toute la semaine, affirma-t-il.
— Moi aussi, à toi.
Elle lécha sa jugulaire, caressa ses épaules dures.
— Tu pensais à quoi ?
— À tout ce que je ne t’ai pas laissé faire la dernière fois.
— Ce soir ? demanda-t-il.
— Tout ce que tu veux.
— Ce soir, je veux juste être à l’intérieur de toi, grogna-
t-il, assez fort pour que Mike puisse l’entendre.
Une de ses paumes glissa vers le bas, le long de son épaule, sa taille, sa hanche, puis autour, les jointures caressant juste au-dessus du mont de Vénus.
— C’est tout à fait faisable, acquiesça-t-elle, étourdie.
— Je n’ai été capable de penser à rien d’autre.
— Moi non plus. Ça, et à quel point t’avoir dans ma bouche était parfait.
Il fit un bruit merveilleux, un soupir mélangé à un grognement, puis se baissa pour lui embrasser le cou. Une main audacieuse se posa sur sa poitrine. Les respirations chaudes de Bern lui chauffaient le cou. Elle passa ses ongles dans les cheveux épais, se souvenant des caresses profondes et humides de sa langue, la dernière fois qu’elle avait tenu sa tête de cette façon.
— Es-tu dur ? demanda-t-elle.
— Vérifie toi-même.
Il recula d’un pas et lui prit la main, qu’il posa impudemment sur son jean. Putain.
— Nous devrions faire quelque chose à ce sujet, souligna Sam, l’empoignant.
Il la conduisit dans l’escalier. C’était étrange qu’un autre homme prenne la maîtrise dans sa chambre pour trouver l’interrupteur et lancer ses chaussures là où Mike le faisait habituellement.
Encore une fois, sa taille la fit frissonner et le corps de Bern lui fit de sombres promesses en la forçant à reculer vers le lit. Elle s’assit en poussant un son étouffé et il se tint entre ses genoux, les mains glissant sur ses mollets nus vers ses chaussures. Puis, il la prit par les hanches et la tira vers lui jusqu’à ce que sa croupe soit au bord du matelas, son entrejambe appuyant contre sa fermeture à glissière alors qu’il se penchait. Elle se sentit soudainement grisée par la façon autoritaire dont il la maintenait en place, par la friction gourmande de sa bite dure contre ses sillons sensibles. Elle voulait tenir ces bras puissants, mais ne pouvait pas tout à fait les atteindre. Elle se contenta de s’agripper à ses poignets, perdue dans la lueur fascinante de ses yeux quand il la regardait.
— C’est bon ? demanda-t-il.
— Incroyable.
— Je t’ai manqué ?
Elle se concentrait sur ses hanches lentes, ondulantes, et l’épaisseur de ses cuisses dans ce jean.
— Tu n’as pas idée.
— Tu aurais souhaité aller plus loin la dernière fois ?
Elle secoua la tête.
— Seulement s’il n’y avait pas eu de seconde fois.
— Heureusement, alors. Tu veux me voir ?
— Toujours.
Il se redressa, défit sa ceinture et baissa la fermeture à glissière. D’un mouvement pratiqué, il la révéla, la queue à laquelle Sam et Mike avaient pensé et dont ils avaient parlé une centaine de fois depuis la soirée du mercredi. Il se caressa quelques fois, un petit spectacle que Sam enregistra dans ses pensées pour plus tard.
— Tu as fait ça cette semaine en pensant à moi ? demanda-t-elle.
— Chaque soir.
Sa main sembla se resserrer et ses coups, ralentir. Le plancher grinça. Le bruit familier la réveilla autant que le toucher de Bern, réchauffant tout son corps aussi sûrement qu’une vague de chaleur. Elle savait que Mike les regardait à présent, juste à l’extérieur de la porte.
Elle déglutit et croisa le regard de Bern.
— Montre-moi comment te toucher.
Il se tint immobile quand Sam s’assit. Elle prit sa hanche dans une main, sa chair chaude et raide dans l’autre.
— Bien serré, insista-t-il, les doigts se fermant autour de ceux de Sam pour lui montrer l’emprise qu’il voulait. Pas trop vite.
— Est-ce comme ça que tu baises ? Lentement ?
— Parfois, marmonna-t-il, la voix tout à coup basse et tendue.
Mike regarde, voulut-elle lui dire.
Elle essaya de le transmettre de ses yeux, d’une façon ou d’une autre, mais l’attention de Bern était sur sa main.
— J’aime que ce soit rapide, d’habitude, l’informa-t-elle. Rapide et un peu rude.
Elle aimait son homme sauvage et fort, et ce soir, Bern était son homme.
— Je peux faire ça aussi. Je peux te donner tout ce qui te manque.
— Je n’en doute pas.
Il ôta sa main de son sexe.
— Recule. Enlève ta robe.
Elle recula sur le matelas, puis parvint à se débarrasser du vêtement, qu’elle jeta au sol. Bern enleva tout sauf son caleçon, 1,8 m et des poussières d’homme découpé au couteau, un inconnu séduisant debout au pied de son lit, son érection tendant le coton noir.
Son poids fit pencher le matelas quand il rampa vers elle, la retournant sur le côté, réclamant sa bouche avec la sienne tandis qu’il lui caressait la poitrine, le bras, le cul. À son tour, Sam examina son abdomen dur et la courbe du muscle qui encadrait l’os de sa hanche. Elle passa le bout des doigts en avant et en arrière le long de l’élastique pendant quelques instants avant de glisser sa paume pour l’empoigner.
— Mmm.
Elle l’avait déjà vu, avait senti sa chaleur dans sa main et sa bouche, mais il était tellement nouveau en même temps. Nouveau et excitant… Un péché exquis.
Il gémit.
— Putain, tu es séduisante.
Elle rayonna à ce compliment venant d’un homme qu’elle considérait objectivement comme un niveau ou deux au-dessus d’elle sur le continuum de sensualité. Mais la conspiration qu’ils partageaient lui donnait l’impression d’être exotique et rare.
Il glissa sa grosse main dans sa culotte et elle haleta. Ses doigts rugueux taquinèrent son clitoris nu et sensible, chatouillèrent ses boucles. Ses nerfs s’adaptèrent et le toucher passa d’inquiétant à intrigant, puis à déconcertant en l’espace de quelques respirations courtes.
— Tu es mouillée, remarqua-t-il en caressant l’ouverture de son sexe. Mouillée pour moi.
— À force de penser à toi avant que tu arrives, répondit-elle.
De penser à l’autre homme dont ils réalisaient le fantasme. Il porta sa bouche à son cou, la léchant et l’embrassant.
— Dis-moi ce que tu veux.
Elle tint son sexe plus serré, puis déplaça son autre main de son épaule vers ses cheveux, qu’elle empoigna.
— Je veux t’utiliser, murmura-t-elle, puis elle éleva un peu la voix, pensant à Mike. Je veux que tu m’utilises. Que tu me montres tout ce qu’il m’a refusé.
— Comme quoi ?
— Comme ce que tu vas me montrer, j’espère.
— Te montrer ?
Son ton était curieux et elle savait ce qu’il voulait entendre.
— Ouais, me montrer. Je veux que les lumières restent allumées pour que je puisse te regarder me baiser.
Ses hanches se crispèrent, poussant sa bite plus profondément dans l’emprise de Sam.
— Nous pouvons déplacer le miroir, si tu veux, poursuivit-elle en montrant le long miroir placé à l’extérieur de la porte de la salle de bain.
— Vicieuse.
C’était une accusation, chaude d’émerveillement et d’enthousiasme.
— Mais je vais peut-être te laisser gagner.
Elle relâcha sa bite pour baisser son caleçon sur ses hanches et son cul, en explorant la chair ferme au passage. Un miroir, en effet… Il aurait l’air phénoménal, de côté, putain. Elle pria silencieusement pour que cette aventure se poursuive, qu’ils puissent tous trois atteindre un niveau de confiance leur permettant de filmer ces rencontres. Mike aimerait ça. L’idée avait toujours semblé trop risquée pour Sam auparavant, mais c’était lorsque Bern était une entité hypothétique, un pari. Maintenant qu’il était un homme réel, dur, chaud et intense, elle n’aurait pas peur d’avoir des images pour commémorer ce chapitre amusant et salace de son mariage.
Mike pourrait tenir la caméra, pensa-t-elle. D’être relégué à un rôle aussi humiliant activerait son fétiche comme un fou. Tu as tout enregistré ? pourrait demander Bern. T’as une belle image claire de moi qui baise ta femme ?
Un ordre jaillit des lèvres de Sam.
— Grimpe sur moi.
Il le fit, les genoux plantés largement entre ses cuisses. Elle fit glisser son caleçon plus bas d’un centimètre et fit courir ses mains sur son cul alors qu’il frottait sa bite nue contre sa culotte, la peau chaude frottant contre le satin humide.
Elle sentit une autre présence : l’ombre de Mike dans sa périphérie, sur le seuil de la porte. Elle fit battre son cœur plus rapidement et son courage se transforma en excitation. Elle le laisserait parler quand il le voudrait, le laisserait regarder aussi longtemps qu’il le souhaiterait. Décider du moment où il la prendrait en flagrant délit. Elle le laisserait apprécier le spectacle jusqu’à ce que le désir le pousse à s’immiscer. Après, qui sait ce qui pourrait arriver ?