Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière
du Gouvernement du Canada
par l’entremise du Conseil des Arts du Canada,
du Fonds du livre du Canada
et du Gouvernement du Québec
par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition
de livres, Gestion Sodec.

Mise en page : Virginie Turcotte
Couverture : Étienne Bienvenu
Dépôt légal : 1er trimestre 2018
© 2018 Mémoire d’encrier inc. pour la version française
© 2018 Seymour Mayne pour la version anglaise
Tous droits réservés.

Les poèmes « Le chant de Moïse », « La fosse », « La rosée la nuit »,
« Alliance », « Les enfants d’Abel », « Caïn », « Abel » et « Un » ont
gracieusement été publiés dans la revue Temporel le 26 avril 2017.

ISBN 978-2-89712-462-5 (papier)
ISBN 978-2-89712-464-9 (PDF)
ISBN 978-2-89712-463-2 (ePub)
PS8576.A88S6514 2017      C811’.54      C2017-940645-0
PS9576.A88S6514 2017

MÉMOIRE D’ENCRIER

1260, rue Bélanger, bur. 201 • Montréal • Québec • H2S 1H9
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Fabrication du ePub : Stéphane Cormier

du même auteur

Le vieux canapé bleu, trad. Joanne Desroches, Montréal, Mémoire d’encrier, 2015.

On the Cusp : Word Sonnets / Albores : Sonetos de una palabra / À l’orée : Sonnets d’un mot, édition trilingue, María Laura Spoturno (dir.) et Sabine Huynh (collab.), trad. María Laura Spoturno, La Plata, Argentine, aHCE, Universidad Nacional de La Plata, 2013.

Ricochet : Word Sonnets / Sonnets d’un mot, édition bilingue, trad. Sabine Huynh, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, (2011) 2013.

Les pluies de septembre : poèmes choisis 1980-2005, trad. Pierre DesRuisseaux, Montréal, Éditions du Noroît, 2008.

Pluriel : Une anthologie, des voix / An Anthology of Diverse Voices, édition bilingue, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2008.

prologue

Dès mon plus jeune âge, j’ai été initié aux légendes qui peuplent la Bible hébraïque. À mon premier jour à la maternelle de l’Académie hébraïque, sur le boulevard Saint-Joseph, à Montréal, j’ai réalisé un coloriage où étaient représentées plusieurs formes géométriques. Par erreur, j’ai pris le triangle pour une représentation de Dieu, n’apprenant que bien plus tard qu’il s’agissait en fait du mont Sinaï. J’étais déjà sur la voie du midrash, ce commentaire de textes bibliques qui cherche à combler les silences de nos légendes, laissant ainsi place à l’interprétation et à l’imagination.

Pendant les huit ans qui ont suivi, mes camarades et moi avons reçu un enseignement sur la Torah. Notre premier manuel illustré relayait les légendes de la Genèse, puis, au fil des ans, nous nous sommes initiés aux cinq livres de Moïse qui forment le Houmach, ou Pentateuque. Nous les avons étudiés un à un, apprenant à maîtriser les règles de leur récitation. Nous avons aussi assimilé l’exégèse de Rachi, ce grand auteur et rabbin français du Moyen-Âge. C’est donc dès mon plus jeune âge que se sont imprimées dans mon imaginaire les légendes de nos matriarches et patriarches. Leur comportement si coloré et imprévisible ressemblait souvent à celui, parfois extravagant, des membres de ma famille composée d’immigrants juifs ukrainiens et russes, que j’observais par le prisme des légendes bibliques. Les contes de la Genèse faisaient écho à mon vécu. Encore aujourd’hui, je considère Abraham, Sarah et tous les autres comme des membres de ma grande famille!

Le fils de Terah, par exemple, est une sorte de midrash

Ces légendes n’en finissent pas de résonner dans nos vies, des siècles plus tard. Plus ça change, plus c’est pareil!

Ces légendes anciennes font entendre leur voix jusque dans mes poèmes. Et les mots emploient de nouvelles formules pour les raconter, les ramener à la vie et les faire résonner dans nos existences.

Seymour Mayne