Louis Pinelle

Les Quinze Fontaines vitales, utiles et
salutaires
(ca 1511)

François Le Roy

Le Miroir de pénitence (1512), extraits

Frère Robert, Chartreux

Le Château Périlleux (seconde moitié du
14e s.), extraits

Présentation

« Ô source des jardins, puits d’eaux vives qui ruissellent du Liban ! » (Ct
4, 15)

« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources
de la vie.
 » (Pr 4, 23)

« Vie d’homme sur terre est chevalerie » (Jb 7, 1)

Au début du 16e siècle, deux prieurés du diocèse de Meaux, Fontaine-les-Nonnes 1 et Collinances 2 , étaient d’obédience fontevriste. Et c’est pour ces religieuses réformées de Fontevraud, ordre d’inspiration bénédictine mais avec des spécificités propres, que l’évêque de Meaux Louis Pinelle (1440-1516) écrivit vers 1511 Les Quinze Fontaines vitales3, départies par Jésus aux religieuses dévotes et ferventes. Dans ce court traité s’exprime une doctrine fortement christocentrique. Plusieurs auteurs du Moyen Âge avaient déjà construit un ouvrage autour de ce nombre quinze (Quinze joies de Notre-Dame, Quinze joies du mariage, Quinze signes du Jugement dernier, etc.). Le titre développé du traité de Pinelle mérite d’être donné :

Les quinze fontaines vitales utiles et salutaires composees par Reverend pere en dieu monsieur levesque de meaulx maistre Loys pinelle scientifique docteur en theologie. Lequel zelateur devot de toute bonne observance de religion a fait ledit livre pour devotes sanctimoniales Recluses et enfermees en perpetuelle closture, de lordre de fontevrault. Lesquelles feu de bonne mémoire Marie de bretaigne, iadis Abbesse, dudit lieu zelante et ardente en lamour divin a reformees et reduictes a Saincte regularite : et fait faire statuz conformez a la rigle sainct Benoist, confermez et decretez par pape Sixte quart de ce nom et mist Le premier fondement de la reformation en devot monastere de la magdalene lez aurelians auquel sainctement a rendu son esperit et y est inhumee et ensepulturee.

Ludovic de Vauzelles écrit à ce propos :

« C’était d’ailleurs à qui donnerait aux religieuses réformées de la Magdeleine des témoignages d’admiration et de respect. Leur éloge devint le thème favori des écrivains ascétiques et des docteurs du temps, et plusieurs livres ou brochures, composés à cette occasion, sortirent presque en même temps des presses de Simon Vostre, libraire à Paris »4.

Dans une enluminure d’un manuscrit médiéval on peut voir une religieuse de Fontevraud donner son cœur dans les mains de son abbesse comme signe de son engagement religieux5.

Au même moment des Quinze Fontaines vitales, est paru donc ainsi Le mirouer de penitence tresdevot et salutaire, tresutile et proffitable a toutes personnes et specialement a gens de religion desirans de leurs meurs faire conversion et tendre a perfection (composé en 15116 et imprimé par Simon Vostre en 1512, en deux parties7), dédié aussi aux moniales fontevristes de la Madeleine, du frère François Le Roy, né dans le diocèse d’Évreux. On peut trouver de nombreux renseignements sur ce milieu monastique réformé dans les deux écrits du même auteur composés en 1511 au prieuré fontevriste des Filles-Dieu de Paris, à savoir la lettre en latin (prêchant une mystique nuptiale, inspirée du Cantique des Cantiques, aux religieuses portant le vêtement noir de dessus de l’humilité sur la robe blanche de dessous de la pureté virginale) ainsi que l’oraison funèbre d’un Père confesseur des Filles-Dieu de Paris, mort à Paris (« Le devot trespas de venerable et religieuse personne frere Jacques Daniel […] »), qui se trouvent à la fin du Miroir. Outre Le Miroir de pénitence, ce religieux de la Réformation de l’Ordre de Fontevraud et confesseur de La Madeleine d’Orléans composa aussi les traités de dévotion suivants : Le Dialogue de Consolation entre l'ame et raison (Paris, [Philippe Pigouchet] pour Simon Vostre, 1499), Le Dialogue de Confidence en Dieu, moult devot et consolatif pour relever l’ame pecheresse (Paris, [Étienne Jehannot] pour Simon Vostre, ca 1500) et Le livre de la femme forte et vertueuse (Paris, Philippe Pigouchet et Simon Vostre, 1501).

Le Dialogue de Consolation entre l'âme et raison, consacré au combat spirituel, à la patience dans les épreuves, à la résistance aux tentations, à la bonne observance des règles monastiques et à l’oraison contemplative, commence ainsi : « Mon âme pourquoi es-tu en tristesse ? ». L’auteur y rappelle la prééminence de la contemplation affective :

« Il y a grande différence entre celui qui a par expérience connu la douceur du miel et l’autre qui n’en a connaissance que par les livres, par lesquels il connaît qu’il est doux sans en avoir réellement et de fait expérimenté le goût. Semblablement est-il de contemplation intellective et affective. » (f° 89 r° et v°).

Quant au Dialogue de Confidence en Dieu, il s’agit d’un court ouvrage, en grande partie marial, insistant plus sur l’amour que sur la crainte, rappelant avec saint Paul que « là où le péché est abondant, la grâce est surabondante » et faisant dialoguer raison qui redit la miséricordieuse bonté divine, l’âme qui s’accable de ses fautes, saint Bernard, la Vierge Marie (et saint Jean) et son Fils Jésus-Christ. L’auteur y redit que « le péché n’est point substance mais privation de bien » et fait donc appel à saint Bernard « pour et afin d’exciter ma pauvre âme à l’espérance, laquelle, imaginant et inventant que Dieu soit terrible, elle diffère à cette occasion de retourner à lui ». Le poème préliminaire commence ainsi :

« Ô cœur rempli de désolation,

Déprimé par désespérance,

Lis pour avoir consolation

Le dialogue de confiance.

Auquel tu verras que la clémence

De Dieu est grande et infinie

Qui aux pécheurs fait indulgence

Les ressuscitant de mort à vie ».

Dans les extraits du Miroir de pénitence que nous avons choisis, l’auteur nous donne notamment une longue glose du psaume 50 et insiste particulièrement sur la dévotion aux Cinq-Plaies du Christ et sur son Précieux Sang versé au pressoir mystique, pour notre rédemption, en sept effusions, avec dix fruits et effets. Le traité se termine sur la finalité de cette pénitence qui est l’obtention de la joie spirituelle. On retrouve chez François Le Roy certains accents présents chez sainte Catherine de Sienne, qui insiste de même sur l’effusion du Sang :

« Noyons-nous dans le sang du Christ crucifié, blottissons-nous dans ses très douces plaies » ;

« Concentrez vos regards sur le Christ crucifié. Cachezvous dans les blessures du Christ crucifié. Noyez-vous dans le sang du Christ crucifié. N’attendez pas le temps car le temps ne vous attend pas »8.

On découvre sous sa plume une vaste culture littéraire avec de nombreuses citations des Saintes Écritures bien sûr, certainement souvent de mémoire, d’auteurs religieux (saint Augustin, Denys l’Aréopagite, saint Jean-Chrysostome, saint Isidore de Séville, saint Bernard, Pierre le Mangeur, saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, etc.) ou profanes (Cicéron, Sénèque, Aristote, Virgile, etc.), ou encore plus récents comme Pic de la Mirandole ou Nicolas de Cues. Une mention particulière doit être faite aussi à l’évocation d’anciens auteurs « naturalistes », qui lui fournissent des histoires qu’il utilise parfois pour illustrer son propos. Bien que très savante dans le fond et recherchée dans la forme, son écriture vive et imagée exprime surtout une dévotion affective, « cordiale et viscérale », « en humble cordialité et cordiale humilité » (« Comment l’âme a suivi plus les ténèbres que la lumière »), basée sur une pratique ascétique plutôt que sur des spéculations intellectuelles :

« que toutes mes forces, tant spirituelles que corporelles, se tirent et étendent à cordialement et viscéralement vous servir pendant la brièveté de ma vie » (« L’effusion du sang du doux Jésus contre les sept péchés mortels ») ;

« Ce que je dois cordialement peser et viscéralement penser » (« La cause et raison de l’effusion du précieux sang de Jésus »).

Dans cette « pensée viscérale », dans ses énergiques lamentations, l’auteur insiste sur les gémissements du pécheur lors du temps de la miséricorde, opposé à l’éternité irréversible du Jugement final, sur ses larmes abondantes répondant à l’abondance du sang versé par le Christ. Il affirme l’existence d’un mimétisme d’affection : « tel est celui comme la chose qu’il aime » (« Les qualités d’amour divin et de propre amour de soimême »), faisant écho à la parole évangélique : « là où est ton cœur là est ton trésor ». Nous devons donc réorienter notre désir et notre regard, changer nos priorités. C’est le cœur dévot et fidèle, pratiquant la garde des cinq sens et une fois amplement purifié et lavé, qui devient le réceptacle naturel, fiole et vase, du Sang divin :

« Ô Seigneur, que votre sang est précieux, vertueux et délicieux. Ô prix inappréciable. Ô que la fiole et le vase de mon cœur doit être pur et net pour le conserver et garder par continuelle méditation » (« La cause et raison de l’effusion du précieux sang de Jésus »).

Et le Sacré-Cœur est ouvert pour nous, ce que l’on trouve dans ce passage remarquable :

« Il a sa délicieuse tête inclinée pour vous baiser avec affection, son cœur ouvert pour vous aimer, les bras étendus pour vous embrasser, tout son corps est exposé pour vous racheter » (« Douce espérance aux pénitents recourant aux plaies de Jésus »).

On peut remarquer aussi la gravure sur bois intitulée « Les âmes pénitentes », servant de frontispice au Miroir de pénitence, où les religieuses de La Madeleine, groupées au pied du crucifix dans le bassin d’une fontaine mystique, sont arrosées par le Sang du Sauveur9. Elle n’est pas éloignée de la peinture illustrant le Livre du Jardin de contemplation de Jean Henry10 dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de France (f° 5 r°), où l’on voit le Christ sur l’arbre de la croix, perdant son sang de ses cinq plaies au milieu de moniales en prière. Une représentation allégorique de la dévotion monte le long de l’échelle de sainte méditation posée sur l’arbre.

De ce François Le Roy proche de Jean Henry, un autre auteur spirituel de l’époque dont nous venons d’évoquer un ouvrage d’une grande qualité, c’est Geneviève Hasenohr qui en parle le mieux, de manière élogieuse :

« Les bénéficiaires de ce mouvement furent les Cisterciennes et les Clarisses, mais avant tout les Fontevristes. Car, ce qui dans les autres communautés religieuses pourrait n’avoir été qu’une coïncidence d’initiatives spontanées et dispersées, apparaît à Fontevraud comme la mise en œuvre d’une politique suivie et réfléchie, étroitement liée à la réforme de l’ordre. Son âme fut, durant les abbatiats d’Anne d’Orléans (1477-1491) et de Renée de Bourbon (1491-1533), un écrivain hors pair, François Le Roy (mort après 1515), auquel fraya la voie, aux premiers temps de la réforme, un autre normand, Jean Henry († 1484), archidiacre d’Ouche, président de la Chambre des Enquêtes au Parlement, qui voulut être enterré parmi les religieuses de Fontaines-lès-Nonnes. […]

François Le Roy fut confesseur du prieuré de la Madeleine au début du siècle, à un moment où, la réforme bien implantée, la maison était donnée en modèle aux autres établissements. Ses écrits témoignent du remarquable renouveau religieux de l’ordre et de l’intensité de la vie spirituelle des moniales, qu’ils contribuèrent sans aucun doute à vivifier. […]

Il tranche sur ses confrères par son sens imprévisible du verbe et de l’image, du rythme et de l’assonance, qu’anime une ferveur exubérante, à fleur de plume ; s’il était mieux connu, on n’hésiterait pas à voir en lui l’inventeur du vers libre et, entre mystique et rhétorique, l’un de nos rares authentiques poètes des débuts de la Renaissance. Il se distingue également de ses contemporains et de ses prédécesseurs immédiats par l’étendue et la nouveauté de ses sources : […].

C’est, à ma connaissance, l’un des seuls auteurs spirituels de langue française sur lesquels l’influence de la devotio moderna soit perceptible »11.

La médiéviste, dans sa notice du Dictionnaire de Spiritualité, insiste encore sur cette influence de la devotio moderna sur François Le Roy, et notammant grâce à un personnage réformateur comme Jan Mombaer (vers 1460-1501), qui séjourna en France à la fin de sa vie à partir de 1496, où il fut abbé de Livry.

De son côté, Dom Yves Chaussy rappelle l’assistance spirituelle donnée aux religieuses par un cercle d’« humanistes » chrétiens et de certains prélats :

« Assez démunies d’assistance spirituelle, les Bénédictines réformées durent souvent s’adresser au dehors. Malheureusement, les témoignages sont rares à cet égard. Les plus connus concernent le cercle des humanistes parisiens et des prélats qui les soutenaient, surtout J. Lefebvre d’Étaples et les deux évêques de Meaux, L. Pinelle et G. Briçonnet. Du même cercle étaient sortis, pour devenir bénédictins à Cluny ou à Chezal-Benoît, J. Raulin et P. Dumas, suivis par les frères Ferrand et G. Juvenal ou Jouennaux. […] »12.

L’auteur des Quinze Fontaines vitales (« Cette méditation évangélique en quinze tableaux, utilisant l’image spirituelle de l’eau, entraîne une exhortation à mener avec sérieux les observances religieuses […] », selon Michel Veissière13), semble puiser son inspiration dans la spiritualité de saint Bernard (1090-1153)14, ainsi que de l’Imitation de Jésus-Christ et de Jean Gerson (1363-1429)15. On y note aussi l’importance du culte de l’humanité de Jésus, de la méditation sur son enfance (principalement autour du Mystère de la Nativité qui est central dans le texte, appelant à une « petite voie » de l’enfance spirituelle16), de la contemplation des paradoxes spirituels de la « religieuse philosophie » et de la « science » spirituelle, de l’évocation des dons du Saint-Esprit et d’une dévotion à Notre-Dame. Rappelons au passage que la Vierge Marie et saint Jean l’Évangéliste occupent une place primordiale dans l’Ordre de Fontevraud et que saint Bernard avait donné la célèbre image de l’Aqueduc de la grâce divine pour désigner Marie. La pureté du cœur, plusieurs fois évoquée, est joliment appelée le « parchemin du Saint-Esprit » (huitième fontaine). Par ailleurs, les « trois belles vertus, lesquelles sont profitables et salutaires à tous les gens qui veulent les mettre en eux par bonnes œuvres et bonnes opérations », d’humilité, de patience et de charité, sont le sujet de trois poésies qui se trouvent à la fin du traité (non reprises ici).

Par son traité de vie spirituelle, où la pratique semble l’emporter sur le discours théorique, on le voit s’intéresser à la réforme de Fontevraud et œuvrer activement au courant de rénovation monastique. Notons encore que

« le prieuré fontevriste de La Madeleine-lès-Orléans semble avoir été, à notre époque, un foyer privilégié de telles tendances (Mystique dite du néant d’amour : l’abîme de l’amour, l’abîme-Dieu dans lequel le mystique dit tomber). Ce monastère bénédictin avait été réformé par Marie de Bretagne, abbesse de Fontevrault »17.

La Madeleine possédait notamment une riche bibliothèque dans laquelle on pouvait par exemple trouver le Miroir des simples âmes de Marguerite Porete 18 et le Chastel perilleux, traité ascético-moral de la seconde moitié du 14e siècle dédié par un Chartreux prénommé Robert à sa cousine Rose, religieuse de Fontevraud.

Dans une notice, Geneviève Hasenohr rappelle le doute quant à l’identité de l’auteur de cette lettre-traité 19 à visée pédagogique et d’abord à usage privé, écrite pendant la Guerre de Cent Ans et dont le développement est construit et méthodique, parfois un peu répétitif. Ce frère Robert, qui s’exprime avec autorité et bienveillance, a ainsi été identifié par les uns20 comme étant Robert de Saint-Martin († 1388), profès de la chartreuse du Parc-Sainte-Marie au diocèse du Mans, et par les autres 21 à un profès († 1387) de la Charteuse de Bourgfontaine à Villers-Cotterêt dans l’Aisne (ancien diocèse de Soissons). Il serait vraisemblablement par ailleurs aussi l’auteur du Trésor de l’âme22. Le Chastel perilleux s’inspire principalement de saint Bernard, de La Somme le roi de Frère Laurent (rédigée à la demande de Philippe III le Hardi, par son confesseur dominicain, frère Laurent du Bois, en 1279)23 et du De doctrina cordis24 , traité adressé à des nonnes et attribué au Cistercien Gérard de Liège ayant vécu au 13e siècle (attribution ancienne, la plus vraisemblable) ou au Dominicain Hugues de Saint-Cher († 1263). Il est divisé en sept traités, où il s’agit de la préparation, de la garde, de l’ouverture, de la stabilité, du don, de l’élévation et du partage du cœur. L’ouvrage en question a eu des traductions françaises anciennes : La Doctrine du cœur, pieuse, excellente et utile a toute personne25 ou Le Livre de l’instruction du cuer a l’ame devote26.

On peut particulièrement lire au début du livre second du Liber de doctrina cordis (Paris, Jehan Petit, 1506) le chapitre justement intitulé : « De custodia cordis ad similitudinem castri custodiendi », qui donne le motif principal du Chastel perilleux : un « château noble sur la terre des ennemis27 et assiégé de toutes parts », c’est le cœur assiégé par le Diable et son armée de la chair et du monde, c’est le camp des Hébreux attaqué par les Philistins (1 Sa 4), puis Jabès assiégée par Naas l’Ammonite le Serpent et secourue par Saül (1 Sa 11). Dans ce siège périlleux, il ne faut pas, par lassitude et faiblesse, accepter la proposition de l’ennemi au risque de perdre son œil droit, le spirituel, et de subir l’opprobre du péché. Cette acceptation face à la tentation est considérée comme une « alliance avec la mort », un « pacte avec les enfers » pour reprendre l’expression du prophète Isaïe28. Il faut au contraire envoyer au Seigneur les messagers de nos oraisons et réguler « les cogitations et affections du cœur ».

Il y est écrit notamment : « bonum enim castrum custodit qui cor suum custodit dicit sapiens » (« En réalité, « il garde bien le château celui qui garde son cœur », dit le sage »). On peut y voir un écho de ce passage du sermon 82 (« De la garde diligente du cœur ») des Sermons divers de saint Bernard :

« Mais il faut remarquer comment le sage a dit : « appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de votre cœur (Prov. IV, 2329). » C’est un dicton commun chez les gens du monde, que celui qui garde son corps, garde un bon château. Mais pour nous il n’en est pas ainsi, et celui qui garde son corps ne garde que du fumier, selon le mot même de l’Apôtre : « Quiconque sème dans sa chair recueillera de la chair la corruption et la mort, et celui qui sème dans l’esprit recueillera de l’esprit la vie éternelle (Galat. VI, 8). » C’est comme s’il avait dit, il vaut mieux garder et soigner le château de l’âme, attendu que c’est de lui que vient la vie éternelle. Mais ce château fort, situé dans un pays ennemi, est attaqué de tous côtés, voilà pourquoi il faut le fortifier avec le plus grand soin de toutes parts, en bas, et en haut, devant et derrière, à droite et à gauche. […] » (trad. abbé Charpentier, Paris, Louis de Vivès, 1866).

La première partie du Chastel perilleux est principalement consacrée à la confession et aux sept péchés capitaux et la seconde partie développe l’allégorie du « chastel du cuer » en butte aux assauts de l’Ennemi, alors que François Le Roy parlera quant à lui de « château de l’âme » (ici p. 132) dans son Miroir de pénitence30 :

« Le château-fort sert d’image à Frère Robert pour symboliser l’inhabitation de Dieu en Marie, en toute religieuse ou personne en état de grâce : elles sont les temples de Dieu. Cette image de la transcendance/immanence du Dieu-Amour aborde le divin paradoxe avec une mentalité bien médiévale : c’est un « château périlleux ». L’ennemi - le péché - peut le détruire. Notre vie avec Dieu est en péril. Mais Dieu est notre sanctification »31.

Une miniature remarquable du manuscrit du Chastel perilleux conservé à la Bibliothèque Mazarine à Paris (fonds général, Ms 946) montre le château de l’âme protégé par des anges et attaqué par des diables, château fort à garder et périlleux à tenir « à l’aide de Dieu » (expression qui revient souvent sous la plume de l’auteur). L’aspect défensif est ainsi mis en avant ainsi que la nécessité spirituelle de ne pas « perdre sa peine ». Le recours fréquent aux sacrements de la confession et de l’eucharistie est recommandé, ainsi qu’à la pratique assidue de l’oraison, au centre de son ouvrage. Car tous les efforts mis en œuvre peuvent s’écrouler si l’on n’arrive pas à la perfection espérée de cette structure intérieure, de cette architecture divine. La garde du cœur est donc vraiment essentielle, pour que la fontaine vitale de la grâce divine puisse s’écouler en nous, comme il est dit au livre des Proverbes :

« Omni custodia serva cor tuum, quia ex ipso vita procedit. » (Pr, 4, 23).

Frère Robert nous propose donc un combat chevaleresque (« Militia est vita hominis super terram », Jb 7, 1), dans une mystique nuptiale et une voie cordiale, affective et mariale qui mène au sein de ce château du « cœur pur », du « cœur fin » (comme on dit la « fin’amor » des troubadours et des romans courtois), fermé à l’extérieur au Diable, à la chair et au monde, ouvert à l’intérieur à l’Esprit, élevé sur un haut lieu de l’éminence de vie spirituelle (cf. le « sursum corda »…). Ce cœur purifié et illuminé doit être « posé, attentif et dévot ». Ainsi, à plusieurs endroits du texte, nous trouvons ces belles formules :

« De nous il ne demande que le cœur. » ;

« La dévotion de cœur, c’est élever le cœur à Dieu sans penser ailleurs. » ;

« La ferveur d’amour est le cri du cœur. » ;

« Et sur toutes choses soyez attentive et habituée à l’oraison de cœur attentif, net et plein de larmes, car il n’est rien qui vaille tant. »

La perspective de l’auteur, « neptique » comme on dirait en Orient, est celle du combat spirituel où l’on doit sans cesse se montrer sobre et vigilant, éveillé et attentif (cf. 1 P 5, 8 : « Sobrii estote, et vigilate »). Ce château spirituel - fort garni et beau - est effectivement un « Château périlleux » assiégé et assailli, mais aussi glorieux car haut assis et bien fondé, comme le « Château aventureux » de la légende du saint Graal… On peut penser aussi au célèbre Château intérieur de sainte Thérèse d’Avila (il a existé une traduction portugaise ancienne du Château périlleux : Castelo perigoso32, plus proche de son aire géographique). Il est tentant encore de mettre en parallèle le discours du Chastel Perilleux avec le sermon 2 de Maître Eckhart, prenant comme base le même passage de l’Évangile selon saint Luc, qui se termine ainsi :

« […] ce n’est qu’autant qu’il est un et simple qu’Il pénètre dans cet Un, que j’appelle un « château fort dans l’âme » ; et il n’y peut entrer d’aucune autre manière ; ce n’est qu’ainsi qu’il y pénètre et s’y installe. Par cette partie d’elle-même, l’âme est semblable à Dieu, et elle ne l’est d’aucune autre façon. Ce que je vous ai dit est vrai. J’en prends la vérité à témoin et je vous donne mon âme en gage.

Puissions-nous être, nous aussi, un petit château fort où Jésus monte et où il soit reçu, pour qu’il reste éternellement en nous de la manière que je vous ai décrite ! Que Dieu nous y aide ! Amen. »33.

Voici les différents éléments que l’on trouve, sous la plume de Frère Robert, dans son allégorie du château fort spirituel :

- le château : défendu par-dehors (clôture monastique) et garni par-dedans, le château du cœur ou celui du corps virginal de Marie, la demeure céleste du Roi de gloire (château de gloire).

- pour le siège : victuailles (Parole de Dieu, mémoire des grâces reçues et de la Passion et fréquente communion) et vin (ivresse spirituelle) ; eau (douces larmes de l’âme dévote de dévotion, de contrition et de compassion).

- lieu choisi : terre de paix, haut lieu (hauteur de vie) où l’on doit « élever son cœur » (siège), Jésus-Christ seigneur du champ.

- profonds fondements : la foi (et les sacrements), douze fondements (douze articles du Credo, douze apôtres, douze fondements de la muraille de la cité de l’Apocalypse).

- matériaux choisis.

- double fossé d’humilité (cf. humilité de Marie) : deux fossés profonds et larges (profondeur de l’humilité et largesse de la charité).

- double haut mur (cf. virginité de Marie) : correspondant aux fossés, deux murs égaux (le premier mur est la discrétion pardehors, le second la patience par-dedans).

- quatre arbalètes (dards) pour défendre le mur de discrétion : considération de sa propre origine ou naissance, ignorance de son propre état, considération de la mort, attente du grand Jugement.

- quatre « mangonneaux » pour défendre le mur de patience : penser aux peines de l’Enfer et au loyer du Paradis, à la Passion du Christ et aux biens des tribulations.

- les portes : une porte maîtresse (bouche et langue) et un portier (raison et diligence) ; cinq portes extérieures (les cinq sens) et leurs portiers (chasteté et retenue pour la vue, les quatre vertus cardinales de Force, Tempérance, Justice et Prudence pour les autres). Une garde commune (Prudence) aussi.

- la maîtresse tour et son guetteur (crainte de Dieu) : vigilance jour et nuit, mortification.

- le donjon central : au milieu du château (maîtresse forteresse), c’est l’oraison au cœur de la vie spirituelle.

- dehors : les ennemis (lancent leur filet, comblent les fossés pour atteindre le château), double assaut (ruses de la vaine gloire et des louanges, puis attaques frontales).

Pour revenir à Maître Louis Pinelle 34 (né en 1440 à Montluçon dans le Bourbonnais et mort en 1516 à Meaux), à la base de cette édition, il fut docteur en théologie. Il devint même grand-maître du Collège de Navarre à Paris à partir de 1497, après le départ de Jean Raulin (1443-1514) 35 à Cluny qu’il réforma. Ce dernier nous a laissé notamment des Sermons, avec entre autres une édition sous le titre d’Itinerarium Paradisi (Jean Petit, 1513). A Paris, Pinelle collabora avec l’évêque Étienne Poncher à la restauration de monastères de femmes puis d’hommes, à la fois comme chanoine36 et comme le chancelier de l’Église de Paris à partir de 1503 et son vicaire général à partir de 1505. Pinelle, déjà célèbre pour ses efforts de renouveau catholique, sera ensuite évêque de Meaux de 1511 à 1516, organisant dès son arrivée un synode meldois important en 1511.

Le chanoine Michel Veissière avait relevé « le rôle et l’influence de son maître et prédécesseur à Meaux » 37 sur Guillaume Briçonnet (1470-1534), ancien élève38 devenu ami ; qui lui-même fera paraître les Contemplations de Marie de l’Idiota pour les religieuses de Faremoutiers 39 . Briçonnet avait eu l’intention d’être enterré dans l’église cathédrale de Meaux aux côtés de Pinelle (il n’y avait plus qu’à écrire la date de son propre décès sur l’épitaphe commune…), mais en raison de son décès en 1534 à Esmans (en Seine-et-Marne) c’est là qu’il fut inhumé.

Dans sa lettre à Marguerite d’Angoulême datée du 24 octobre 1521, Briçonnet revient sur les « fontaines vitales » :

« Alors, la brebis errante, toute joyeuse et consolée et à demi forcenée d’amour, veut voler plus haut pour parvenir à croire entendre cette très-excellente, inaccessible compréhension, et, en courant, elle aperçoit un grand abîme béant, qui s’appelle la fontaine de grâce, de laquelle sortaient d’innombrables ruisseaux, qui arrosent toutes choses créées, en telle suffisance et plénitude que chacune en avait, selon sa qualité (sans envie), surabondante pâture et réfection, et toutefois la fontaine ne diminuait pas, et aussitôt s’en va plonger en son ruisseau, qui la suivait et environnait.

Et, en levant les yeux plus haut, elle aperçoit que de la bouche de vie procédait cette douce fontaine, laquelle, pour cela, est dite nécessairement vitale, et ses ruisseaux aussi, lesquels donnent vie à ceux qui en boivent. Et, après que la bonne brebis s’est bien enivrée en son dit ruisseau, par ivresse extatique et amour démesuré, elle a voulu prendre les ailes de l’aigle pour faire l’extrême vol, pour connaître la force et puissance de charité, qui a fait qu’égalité et inégalité, grand et petit, Créateur et créature, tout et rien sont ensemble et coïncident.

Dont aussi procédait l’excellente lumière, triple en une substance, et toutefois en une simple et seule égalité, dont la forêt était si excellemment en infinitude de lumière illuminée et, en croyant lever les yeux et ouvrir le coffre de la divinité, par appréhension elle s’est tellement trouvée surprise de l’excellence de la bénéfique lumière qu’elle en est devenue aveugle voyante, plus errante et égarée qu’avant et, aussitôt, elle a commencé, par amoureux et extatique cantique, à crier avec Monsieur saint Paul : « Ô sublimité et hauteur que l’on ne peut exprimer des richesses de la sagesse divine, vos jugements et faits sont incompréhensibles et votre chemin inestimable » »40.

Voici le résumé des Quinze Fontaines, découlant les unes des autres, décrites par Louis Pinelle :

  1. Lumière : eaux de claire connaissance par la vraie lumière don d’Intelligence - Père des lumières - étoile.
  2. Justice : eaux de componction par la justice, l’équité, la droiture - don de Crainte filiale - Saint-Esprit.
  3. Miséricorde : eaux de rémission, indulgence et pardon par la miséricorde - Marie.
  4. Sagesse : eaux de discrétion, sagesse, éloquence, prudence et savoureuse connaissance - don de Sagesse - Enfant-Jésus.
  5. Grâce : grâce et dons du Saint-Esprit.
  6. Charité : charité et amour.
  7. Pitié : pitié et compassion fraternelle de nos prochains.
  8. Pureté : pureté virginale, innocence et beauté.
  9. Noblesse : honneur et noblesse, franchise et vraie liberté.
  10. Bénignité : bénignité et libéralité.
  11. Humilité : humilité, obéissance et débonnaireté.
  12. Patience.
  13. Consolation.
  14. Vie religieuse : perfection évangélique de religion.
  15. Paradoxes : source de merveilles, paradoxes de la vie de Jésus.

Dans un sermon, saint Bernard évoquait déjà « les quatre fontaines du Sauveur et l’eau qu’on doit y puiser », en relation avec les quatre fleuves du Paradis (vérité, sagesse, vertu et charité selon lui), ces « quatre fontaines qui coulent du sein même de Jésus » :

« En effet, à la fontaine de la vérité on puise l’eau des jugements ; à celle de la sagesse, l’eau des conseils ; à celle de la vertu, l’eau de la force et à celle de la charité, l’eau des désirs. L’eau des jugements nous fait connaître ce qui est permis, et ce qui ne l’est pas. L’eau du conseil nous fait discerner ce qui est utile de ce qui ne l’est point. […] Or, de même que plus haut je disais que la vérité a deux jugements, dont l’un nous dit ce qui est permis et l’autre ce qui ne l’est pas, et que la sagesse aussi en a deux ; un qui nous apprend ce qui est expédient, et l’autre ce qui ne l’est point, ainsi devons-nous reconnaître ici qu’on peut puiser deux sortes d’eau de force à la fontaine de la vertu, une qui purifie les élus de leurs fautes, et l’autre qui les rafraîchisse dans leurs tourments. […] Allons donc puiser à cette fontaine l’eau des désirs, et divisons-les en deux ruisseaux, afin que de même qu’il y a deux préceptes de la charité, il y ait aussi deux désirs par lesquels ces préceptes soient remplis. En effet, il y a le désir par lequel Dieu est aimé pour lui-même, et celui par lequel le prochain l’est pour l’amour de Dieu. »41

C’est la « fontaine des délices », « la fontaine des jardins, la source d’eaux vives, les ruisseaux du Liban » 42 . Des « jardins », c’est-à-dire des âmes selon l’exégèse de l’école de saint Bernard, celle même qu’évoque aussi Guillaume Briçonnet :

« Car vous êtes la fontaine claire, arrosant les jardins que sont les âmes dévotes, dont les cœurs fleurissent et portent, par votre intercession et prière, un fruit très agréable à votre très cher Fils le doux et débonnaire Jésus. Ils sont sans vous secs et arides et, par votre visite, ils sentent la douce rosée de grâce accompagnée de l’abyssale fournaise d’amour, qui les liquéfie en pleurs et en doux soupirs et gémissements »43.

Ce motif est important, nous faisant aussi penser à la vision de « la fontaine à laquelle les gens ne viennent pas » de saint Nicolas de Flue (1417-1487) 44 , proche de sermons de Nicolas de Cues (1401-1464). Pour conclure, nous ne pouvons que souhaiter que ces « quinze fontaines vitales » de Louis Pinelle et cette « fontaine des pénitentes » de François Le Roy nous apportent aujourd’hui encore, en nos temps de désert spirituel et de dessèchement vital, une douce eau vive réconfortante et rafraîchissante d’internelle consolation.

Notre but a été, avec nos quelques moyens, de rester le plus près possible du texte original tout en donnant une présentation claire (découpage en paragraphes, etc.) et une adaptation moderne facile à lire pour aujourd’hui.

Deo gratias.

Jean-Marc Boudier


1 A Douy-la-Ramée, fondé en 1124 et réformé vers 1475, c’est-à-dire du vivant de Marie de Bretagne (1424-1477), « zélée et ardente en l’amour divin ».

2 A Thury-en-Valois, réformé en 1516 (demande en 1514).

3 Sans lieu ni date, marque de Simon Vostre († 1521) en page de titre, entre 1511 et 1516. Voir M. Veissière, « Un précurseur de Guillaume Briçonnet : Louis Pinelle, évêque de Meaux de 1511 à 1516. Avec l’édition de son traité spirituel « Les quinze fontaines vitales » », dans Bulletin de la Société d’Histoire et d’Art du diocèse de Meaux, 18ème année (Meaux, 1967), p. 7-62. Compte-rendu par Marc Venard dans la Revue historique, n° 499 (1971), p. 195-196 et par André Godin dans la Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 58, n° 161 (1972), p. 401-402. Repris dans « Louis Pinelle » dans Autour de Guillaume Briçonnet, Provins, 1993, p. 73-102. Lire aussi dans sa thèse L’évêque Guillaume Briçonnet (1470-1534), Provins, 1986, p. 26-27, 29-32, 59, 95, 129-131, 147, 149, 158, 163, 169 et 426.

4 Histoire du Prieuré de La Magdeleine-lez-Orléans de l’Ordre de Fontevraud, Paris, Baur et Orléans, Herluison, 1873, p. 92. Lire aussi de Jean de Viguerie, « La réforme de Fontevraud », dans Revue d’Histoire de l’Église de France, 1979, n° 65, p. 107-117.

5 Reproduit par Christiane Raynaud dans son article : « La mise en scène du cœur dans les livres religieux de la fin du Moyen Âge », dans Le « cuer » au Moyen Âge (réalité et senefiance), Presses Universitaires de Provence, 1991, p. 313-343.

6 « Ex cenobio devotissimarum Virginum Filiarum Dei Parisiensis : °Pridie kalendas martias. Anno Domini quingentesimo undecimo supra millesimum ».

7 V. Francis M. Higman, Piety and the People : Religious Printing in French, 15111551, Aldershot, Scolar Press, 1996, L-58.

8 Le Livre des Dialogues suivi de lettres, préface et traduction de Louis-Paul Guigues, Paris, Éditions du Seuil, 1953, lettre 2, p. 612 et lettre 21, p. 662. Cf. toute la lettre 25.

9 Reproduit dans L. de Vauzelles, op. cit., planche 2 et p. 196. Cf. Jules Renouvier, Des gravures sur bois dans les livres de Simon Vostre, libraire d’heures, Paris, Aubry, 1862.

10 Cet écrivain ascétique du 15e siècle était chantre de l’église Notre-Dame de Paris et auteur, entre autres, du Jardin de Contemplation : C’est le livre du jardin de contemplation auquel l’âme dévote contemple le mystère de la passion de Jésus-Christ representé en l’arbre de la croix situé au milieu d’iceluy jardin (Paris, Jehan Petit, 1516). Lire la notice du Dictionnaire de Spiritualité, t. 9, 1976, col. 688-692.

11 « Aspects de la littérature de spiritualité en langue française (1480-1520) », dans Revue d’Histoire de l’Église de France, 1991, n° 198 (p. 29-45), p. 37-38. L’auteur note encore que « Le Jardin de contemplation de Jean Henry fut composé entre 1468 et 1484 à la demande de la supérieure des Clarisses d’Aigueperse. Il fournit une suite de « dévotes contemplations » sur le mystère de la Passion, qui est replacé dans l’économie de la Rédemption ; le tout enchâssé dans une trame symbolique complexe, où s’affirme la supériorité de la vie contemplative sur la vie active » (p. 34). Cf. Y. Le Hir, « Sur un manuscrit inédit de François Le Roy », dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. 40 (1978), p. 481-495.

12 Les Bénédictines et la Réforme catholique en France au XVIIe siècleParis et Île-de-France, Mémoires